Jean Rémusat (1815-1880)

Jean Rémusat in 1848 (Shanghai Symphony Orchestra Archive, donated by Xavier Bouvier, 2019)

birth

11.04.1815

Bordeaux

France

death

01.09.1880

Shanghai

Chine

teacher(s)

Jean-Louis Tulou

pupils

Henri Percin ; Cléopâtre Tornborg

  • 1815 : 11 April, birth in Bordeaux
  • 1822 : birth of Bernard-Martin, brother of Jean
  • 1830 : 25 October, Jean is admitted in Tulou’s class in Paris Conservatoire
  • 1832 : Jean gets the 1st Price in the Conservartoire
  • 1835-1841 : regular concerts in Paris as part of Concerts Musard and then Concerts St-Honoré
  • 1837 : concerts together with his brother Bernard-Martin
  • 1840 : Bernard-Martin Rémusat gets the 1st Price in Tulou’s class
  • 1842-1843 : concerts in Dijon
  • 1845 : described in a newspaper as « 1st flutist of Opera Comique »
  • 1846 : Rémusat performs regularly in Opera Comique as 1st flutist, his solos in Gretry’s Zemire et Azor are praised.
  • 1847-1848 : plays 1 year as a member of the Opera
  • 1848 : birth of Jean Rémusat and Pauline Liebaut’s first son Pierre Paul
  • 1850-1853 : in London. Rémusat is 1st flutist of the Queen’s Theater, until its closure. 
  • 1852 : birth of Jean Rémusat and Pauline Liebaut’s second son Jean Jules Leopold
  • 1853 : 1st flutist of Théâtre Lyrique in Paris. Adam writes for him a big solo in the overture of Le Bijou perdu
  • 1853 : patent for a mechanism on the ordinary flute, called « ancienne flûte perfectionnée »
  • 1855 : birth of Jean Rémusat and Pauline Liebaut’s daughter Mathilde
  • 1856-1859 : back in England
  • 1859 : creates in London St-James a Theater for French Opera Comique. 
  • 1860 : settles in Bordeaux (flutist and conductor in Grand Théâtre ?)
  • 1862 : publishes a method for Boehm and simple-system flute
  • 1863 : in Bordeaux, founds the Concerts Populaires de Musique Classique
  • 1865 : settles in Shanghai and directs (and creates ?) the Société Philharmonique de Shanghai
  • 1866 : orders a flute to Boehm
  • 1869 : The members of the Société Philharmonique de Shanghai commission a gold flute to Louis Lot as a gift for Rémusat, their director
  • 1879 : Rémusat creates the Shanghai Public Band
  • 1880 : dies in Shanghai

La carrière de Jean Rémusat est à l’image de l’homme, que le biographe des musiciens Fétis décrit comme un homme d’une grande intelligence, mais original et même excentrique : un parcours riche, varié, et sans doute l’un des plus cosmopolites de son temps – si l’on excepte toutefois certains solistes itinérants – puisqu’il fut flûtiste, chef d’orchestre, organisateur de concerts, et occupa des postes à Paris, Londres, Bordeaux et finalement Shanghai où il mourut en 1880. 

Son nom reste aujourd’hui surtout associé à la fameuse flûte n° 1375 de Louis Lot, l’unique flûte en or de ce grand facteur qui fut immortalisée par Jean-Pierre Rampal dans nombre d’enregistrements. Il semble pourtant qu’il resta longtemps un fidèle de la flûte ordinaire, comme son maître Tulou, et ne se convertit à la flûte nouvelle de Boehm que tardivement (voir plus bas). Son parcours et sa carrière restent moins connus que d’autres flûtistes français, sans doute en raison d’une activité quelque peu instable et éparpillée – on se souvient mieux de ceux qui occupèrent durablement les postes d’orchestre et d’enseignement les plus emblématiques.  

Jean Rémusat (Rémuzat) naquit à Bordeaux le 11 mai (ou peut-être le 11 avril) 1815, fils de Pierre Rémuzat, passementier, et Marie Pujol. Ses parents ne sont pas musiciens, pourtant son jeune frère Bernard-Martin (né en 1822) sera lui aussi flûtiste, élève de Tulou, et remportera un 1er prix en 1840, 8 ans après son frère ainé. 

Le 25 octobre 1830, Jean est admis dans la classe de flûte de Jean-Louis Tulou au Conservatoire de paris. Il y obtient le 1er Prix en 1832, qu’il partage avec Ernest Alkan (tandis que Joseph-Bertrand Bagnières et Antoine-François-Élie Bisetzki reçoivent tous deux un second prix). Le chroniqueur Fétis mentionne le concours dans la Revue Musicale, et note la qualité raffinée de son embouchure et son exécution pleine et brillante.

Dans les années qui suivent sa sortie du Conservatoire, Rémusat fait de très nombreuses apparitions solistes dans des concerts, à Paris et en province ; en 1837, il se produit avec son jeune frère Bernard-Martin (alors agé de 15 ans), lequel aura son prix de conservatoire en 1840 – on perd étrangement sa trace après cette date.

Jean est un soliste très régulier des Concerts Musard, et plus tard des Concerts St-Honoré (dirigés par Valentino). En 1846, nous le voyons à l’Opéra Comique où, nous dit-on, il triomphe tous les soirs dans le solo de l’air de la Fauvette de Zémire et Azor de Gretry. De 1847 à 1848, il fut membre de l’Opéra de Paris pendant un an. Après cela, il eut une activité importante à Londres ; entre autres, il fut premier flûtiste du Queen’s Theater jusqu’à sa dissolution en 1853. 

Il revient alors à Paris, où il est engagé comme premier flutiste du Théâtre Lyrique de Paris. Sa présence inspire à Adolphe Adam le grand solo de flûte de l’ouverture de son opéra comique Le Bijou perdu, dont l’interprétation suscite des commentaires particulièrement élogieux des critiques. C’est aussi le moment où son activité de compositeur s’intensifie – même si la plupart de ses oeuvres sont en réalité des adaptations en « fantaisies » de thèmes à la mode, airs d’opéras et romances, toutefois agencées avec beaucoup d’invention et d’élégance. 

En novembre 1853, il dépose un brevet pour une « ancienne flûte perfectionnée par Jean Rémusat 1853 ».

Il retourne en Angleterre : sa présence est attestée en 1856 ; à la fin de 1858, il tente d’établir un théâtre d’opéra comique français à Londres (St-James), mais l’entreprise semble avoir périclité après moins d’un an. C’est à Bordeaux, sa ville natale, qu’il s’établira ensuite, en 1860 ; dans les années qui suivent, il y mène une activité très intense comme flûtiste et chef d’orchestre. En 1863, il fonde à Bordeaux les Concerts populaires de musique classique.

En 1862, Rémusat publie sa « Méthode pour la flûte ordinaire et Boehm » ; c’est la première fois que l’on peut suspecter une conversion récente à la flûte Boehm (totale ou partielle) – avec la phrase suivante : « Cette clé [la clé de sol# fermée, par opposition à celle, ouverte, d’origine] n’est tolérable qu’aux personnes qui ont joué très longtems l’ancienne flûte cela leur donne plus de facilité pour changer leur doigté mais plus tard beaucoup d’entre eux regretteront comme je le fais moi-même de ne pas avoir  pris le système BOËHM sans y rien changer ». Un peu plus tard, Rémusat publie deuxième une méthode plus succincte « à l’usage des fanfares et des collèges ». 

De sa sortie du conservatoire à ses années bordelaises, son répertoire soliste semble avoir consisté principalement en solos et fantaisies – lorsque l’auteur est mentionné, il s’agit généralement d’oeuvres de Tulou (surtout dans sa jeunesse) ou des siennes ; plus occasionnellement, il apparaît en formations chambristes : quintette à vent, trio avec violoncelle et piano de Weber, quatuor de flûtes de Kuhlau, ou encore avec une chanteuse dans un air ou une romance avec flûte obligée. On se souvient de ses succès dans « l’air de la Fauvette » de Zémire et Azor de Grétry, ou du grand solo du Bijou perdu qu’Adolphe Adam écrivit pour lui. A la baguette, Rémusat se fait autant le promoteur de l’Opéra Comique français (qu’il tente de populariser en Angleterre) que du grand répertoire qu’il dirigera à Bordeaux (Beethoven, Mozart, Mendelssohn, Weber). 

En 1865, s’opère le dernier grand tournant de sa carrière : il quitte l’Europe et s’installe à Shanghai. Là, il jouera un rôle majeur dans la vie musicale, avec la Société Philharmonique de Shanghai (dont il est parfois crédité d’être le fondateur, information à vérifier) : il y est à la fois chef d’orchestre, compositeur, organisateur de concerts, et s’investit dans la formation des musiciens professionnels et amateurs. Avec le renfort de musiciens européens et philippins (déjà formés à la musique occidentale par la présence ancienne des Espagnols), il crée un répertoire mélangeant musique légère (valses, polkas, galops) et symphonique (ouvertures, airs d’opéras, symphonies) : ainsi il parvient à donner, en 1874, l’allegro de la 8ème symphonie de Beethoven – un tour de force pour des musiciens majoritairement amateurs. 

Le 22 décembre 1866, il écrit à Boehm, disant avoir vu dans les salons londonniens de Broadwood une flûte alto cylindrique de sa fabrication et souhaitant en commander une semblable en maillechort. Il se dit « décidé à échanger contre la nouvelle flûte de Böhm l’ancienne flûte dont il avait joué pendant trente ans. » (Schafhäutl, AMZ, 1882).

En 1869, les membres de la Société Philharmonique passent commandent à Louis Lot d’une flûte en or qu’ils offrent à leur directeur.

En 1873, on rapporte qu’il s’est fracturé la clavicule en chutant de cheval.

En 1879, enfin, Jean Rémusat fonde le Shanghai Public Band, dont il est chef principal, ancêtre lointain du Shanghai Symphony Orchestra. Mais il meurt peu après, le 1er septembre 1880, de dysenterie. Il était âgé de soixante-cinq ans.

Jean Rémusat et son épouse Pauline Liebaut eurent trois enfants : Pierre Paul (né en 1848), Jean Jules Léopold (1852) et Mathilde (1855). Jules Lepopold fera carrière à Shanghai comme commissaire aux Douanes. Son petit-fils, Claude Rémusat, était peintre et, passionné de musique, a dessiné de nombreux portraits de musiciens et scènes de répétitions. 

Aucune représentation de Jean Rémusat n’était connue jusqu’à la réapparition dans une vente aux enchères, en 2019, d’un dessin le représentant à l’âge de 33 ans (il jouait alors à l’Opéra de Paris, peu avant son départ pour Londres). Ce dessin fut acquis par un professeur de composition de la Haute École de Musique de Genève, Xavier Bouvier, qui l’offrit au Shanghai Symphony Orchestra Music Museum. Je suis très reconnaissant aux archives du Shanghai Symphony Orchestra de m’avoir transmis une reproduction de ce beau portrait ; il ne saurait être reproduit sans la mention « Courtesy of Shanghai Symphony Orchestra Archive, portrait donated by Xavier Bouvier in 2019« .

Jean Rémusat’s career was a reflection of the man himself, whom the musicographer Fétis describes as a man of great intelligence, but also as an original and even eccentric character: a rich and varied career, and undoubtedly one of the most cosmopolitan of his time — if we leave aside, of course, certain itinerant soloists — since he was a flautist, conductor and concert organiser, and held positions in Paris, London, Bordeaux and finally Shanghai, where he died in 1880.

Today, his name remains chiefly associated with the famous Louis Lot flute no. 1375, the only gold flute made by this great maker, which was immortalised by Jean-Pierre Rampal in numerous recordings. Yet it seems that for a long time he remained faithful to the ordinary flute, like his teacher Tulou, and only converted to Böhm’s new flute relatively late in life (see below). His career and professional path remain less well known than those of other French flautists, probably because of his somewhat unstable and scattered activities: we tend to remember more readily those who held the most emblematic orchestral and teaching positions for long periods.

Jean Rémusat (Rémuzat) was born in Bordeaux on 11 May (or perhaps 11 April) 1815, the son of Pierre Rémuzat, a passementier, and Marie Pujol. His parents were not musicians, yet his younger brother Bernard-Martin (born in 1822) would also become a flautist, studying with Tulou and winning a First Prize in 1840, eight years after his elder brother.

On 25 October 1830, Jean was admitted to Jean-Louis Tulou’s flute class at the Paris Conservatoire. He won First Prize in 1832, sharing it with Ernest Alkan (while Joseph-Bertrand Bagnières and Antoine-François-Élie Bisetzki were both awarded Second Prizes). The critic Fétis mentioned the competition in the Revue Musicale, noting the refined quality of his embouchure and his full, brilliant execution.

In the years following his departure from the Conservatoire, Rémusat made numerous solo appearances in concerts, both in Paris and in the provinces. In 1837, he performed with his younger brother Bernard-Martin (then aged 15), who would receive his Conservatoire prize in 1840 — and whose trail is strangely lost after that date.

Jean was a regular soloist at the Musard Concerts, and later at the Concerts Saint-Honoré, conducted by Valentino. In 1846, we find him at the Opéra-Comique, where, we are told, he triumphed every evening in the flute solo from the air of the Fauvette in Grétry’s Zémire et Azor. From 1847 to 1848, he was a member of the Paris Opéra for one year. After this, he pursued an important career in London; among other positions, he was principal flautist of the Queen’s Theatre until its dissolution in 1853.

He then returned to Paris, where he was engaged as principal flautist of the Théâtre Lyrique de Paris. His presence inspired Adolphe Adam to write the great flute solo in the overture to his opéra-comique Le Bijou perdu, whose performance drew particularly enthusiastic comments from the critics. This was also the period when his activity as a composer intensified — although most of his works were in fact adaptations in the form of “fantasias” on fashionable themes, opera arias and romances, nevertheless arranged with considerable invention and elegance.

In November 1853, he filed a patent for an “ancienne flûte perfectionnée par Jean Rémusat 1853” (“old flute perfected by Jean Rémusat, 1853”).

He returned to England: his presence is attested there in 1856. At the end of 1858, he attempted to establish a French opéra-comique theatre in London (St James’s), but the venture appears to have foundered after less than a year. He would subsequently settle in Bordeaux, his native city, in 1860; in the years that followed, he pursued an extremely active career there as a flautist and conductor. In 1863, he founded the Concerts populaires de musique classique in Bordeaux.

In 1862, Rémusat published his Méthode pour la flûte ordinaire et Boehm; this is the first time that we can suspect a recent conversion to the Böhm flute, whether total or partial, with the following sentence: “This key [the closed G-sharp key, as opposed to the original open one] is tolerable only for people who have played the old flute for a very long time; it gives them greater ease in changing their fingering, but later many of them will regret, as I myself do, not having adopted the BOEHM system without changing anything in it.” A little later, Rémusat published a second, more concise method, “for the use of brass bands and colleges”.

From his departure from the Conservatoire through his Bordeaux years, his solo repertoire seems to have consisted mainly of solos and fantasias — when the composer is mentioned, these are generally works by Tulou (especially in his youth) or by Rémusat himself. More occasionally, he appeared in chamber ensembles: wind quintets, Weber’s trio with cello and piano, Kuhlau’s quartet for four flutes, or alongside a singer in an aria or romance with obbligato flute. His successes in the “air de la Fauvette” from Grétry’s Zémire et Azor, or in the great solo from Le Bijou perdu that Adolphe Adam wrote for him, were remembered. As a conductor, Rémusat was as much a promoter of French opéra-comique — which he attempted to popularise in England — as he was of the great orchestral repertoire that he conducted in Bordeaux (Beethoven, Mozart, Mendelssohn, Weber).

In 1865 came the final major turning point in his career: he left Europe and settled in Shanghai. There, he played a major role in musical life through the Shanghai Philharmonic Society (he is sometimes credited with being its founder, an assertion that still needs to be verified): he was at once conductor, composer and concert organiser, and devoted himself to the training of both professional and amateur musicians. With the assistance of European and Filipino musicians (the latter already trained in Western music as a result of the long-standing Spanish presence), he developed a repertoire combining light music (waltzes, polkas, galops) and symphonic music (overtures, opera arias and symphonies). Thus, in 1874, he was able to perform the Allegro of Beethoven’s Eighth Symphony — a remarkable feat for musicians who were predominantly amateurs.

On 22 December 1866, he wrote to Böhm, stating that he had seen a cylindrical alto flute of Böhm’s manufacture in the London showrooms of Broadwood and wished to order a similar instrument in German silver. He said that he was “determined to exchange the old flute which he had played for thirty years for the new Böhm flute” (Schafhäutl, AMZ, 1882).

In 1869, the members of the Philharmonic Society commissioned a gold flute from Louis Lot and presented it to their director.

In 1873, it was reported that he had fractured his collarbone after falling from a horse.

Finally, in 1879, Jean Rémusat founded the Shanghai Public Band, of which he was principal conductor, the distant ancestor of the Shanghai Symphony Orchestra. He died shortly afterwards, on 1 September 1880, of dysentery. He was sixty-five years old.

Jean Rémusat and his wife Pauline Liebaut had three children: Pierre Paul (born in 1848), Jean Jules Léopold (1852) and Mathilde (1855). Jules Léopold pursued a career in Shanghai as a Customs Commissioner. His grandson, Claude Rémusat, was a painter and, being passionate about music, drew numerous portraits of musicians and rehearsal scenes.

No depiction of Jean Rémusat was known until the reappearance, at auction in 2019, of a drawing showing him at the age of 33 (he was then playing at the Paris Opéra, shortly before his departure for London). The drawing was acquired by Xavier Bouvier, a composition professor at the Haute École de Musique de Genève, who donated it to the Shanghai Symphony Orchestra Music Museum. I am very grateful to the archives of the Shanghai Symphony Orchestra for providing me with a reproduction of this beautiful portrait; it may not be reproduced without the following credit: “Courtesy of Shanghai Symphony Orchestra Archive, portrait donated by Xavier Bouvier in 2019.”

QUOTATIONS

Revue musicale (16.08.1832)
Le concours de flûte a été rarement aussi brillant ; quatre élèves, tous fort jeunes, ou pour mieux dire encore enfants, ont fait dans ce concours le plus grand honneur à M. Tulou, leur professeur. Ces élèves sont MM. Rémusat et Alkan, à qui le premier prix a été décerné en partage, Bisetzky et Bannières, qui ont aussi partagé le deuxième prix. M. Rémusat a une embouchure de la plus belle qualité et une exécution brillante et pleine de verve. Il y a beaucoup de netteté d’exécution dans le jeu de M. Alkan, mais sa qualité de son est moins belle que celle de M. Rémusat. M. Bisetzky nous paraît avoir bien mérité le second prix qui lui a été accordé ; mais il nous semble qu’il y a quelque injustice à le lui faire partager avec M. Bannières, dont le jeu a moins de netteté et le son moins de puissance.

Le Constitutionnel (16.08.1832)
Concours du Conservatoire.
Flûte : premier prix en partage à MM. Rémusat et Alkan ; second prix, à MM. Bisetzky et Bannières. Cette partie est une des plus brillantes du concours. Ces quatre élèves, à peine au sortir de l’enfance, et ne comptant pas quatorze ans, ont fait preuve d’un talent qu’on applaudirait dans un homme de vingt-cinq ans. Honneur à M. Tulou qui les a formés !

Vert-vert (19.11.1834)
CONCERTS-MUSARD, rue Saint-Honoré, n° 539. Un orgue magnifique, construit exprès par M. Abbey, et touché par M. Fessy, exécutera conjointement avec l’orchestre le nouveau répertoire de M. Musard, ainsi que les ouvertures et les symphonies. L’orchestre, composé de 60 musiciens, sera conduit par M. Musard. Les solos de piston seront exécutés par M. Dufrène.
PROGRAMME.
PREMIÈRE PARTIE.
Ouv. Turc en Italie, Musard.
[?] nouveau quadrille, Musard.
2e Grand prix, avec solo de piston et acc. d’orgue, A. Adam.
[?] danois, avec acc. d’orgue, Musard.
Ouv. de Gustave, Auber.
Fantaisie nouvelle avec variations pour piston et orgue, etc., composée par Fessi
DEUXIÈME PARTIE.
Ouverture nouvelle de Robert-le-Diable, avec solo d’orgue, Mayer-Beer.
Le Chalet, nouveau quadrille, avec accompagnement d’orgue, Musard.
Air varié pour la flûte, composé par Tulou, exécuté par Rémusat.
Chao-Gang, nouveau quadrille, Musard.
Ouverture de La Marquise de Brinvilliers, avec accompagnement d’orgue, Musard.
Nouvelle Polonaise, avec solo de piston et d’orgue, Musard.
ON COMMENCERA À 7 H. ET DEMIE. — PRIX D’ENTRÉE : 1 fr. par personne ; 50 c. pour les enfants.

La Quotidienne (24.12.1834)
Demain samedi, à l’Opéra-Comique, représentation extraordinaire au bénéfice de l’ex-sociétaire Baliste. Le Théâtre-Français, le Théâtre du Palais-Royal, l’Opéra-Comique et plusieurs artistes distingués contribueront à l’éclat de cette représentation, qui se compose : 1° de L’Hôtel garni, par Mlle Plessis et Mlle Mante ; 2° du Ramoneur, par MM. Achard et Lemesnil ; 3° du Chalet ; et enfin d’un grand concert, dans lequel on entendra M. Prume au violon, M. Pellet au violoncelle, M. Rémusat à la flûte, et MM. Inchindi, Jansenne et Mlle Lebrun.

L’Impartial (24.12.1834)
Demain samedi, à l’Opéra-Comique, représentation extraordinaire au bénéfice de l’ex-sociétaire Baptiste. Le Théâtre-Français, le théâtre du Palais-Royal, l’Opéra-Comique et plusieurs artistes distingués contribueront à l’éclat de cette représentation, qui se compose : 1° de L’Hôtel garni, par Mlle Plessis et Mlle Mante ;
2° du Ramoneur, par MM. Achard et Lemesnil ; 3° du Chalet ; et enfin d’un grand concert, dans lequel on entendra M. Prume sur le violon, M. Pellet sur le violoncelle, M. Rémusat sur la flûte et MM. Inchindi, Jansenne et Mlle Lebrun.

Le Constitutionnel (27.12.1834)
Ce soir samedi, à l’Opéra-Comique, représentation extraordinaire au bénéfice de l’ex-sociétaire Baptiste. Le Théâtre-Français, le théâtre du Palais-Royal, l’Opéra-Comique et plusieurs artistes distingués contribueront à l’éclat de cette représentation, qui se compose : 1° de L’Hôtel garni, par Mlle Plessy et Mlle Mante ; 2° du Ramoneur, par MM. Achard et Lemesnil ; 3° du Chalet ; et enfin d’un grand concert, dans lequel on entendra M. Prume sur le violon, M. Pellet sur le violoncelle, M. Rémusat sur la flûte, et enfin MM. Inchindi, Jansenne et Mlle Lebrun.

Le Ménestrel (26.04.1835)
La matinée musicale que le Conservatoire promet aujourd’hui, au bénéfice de M. Habeneck, artiste infatigable, dont le monde musical estime le zèle et les honorables services, a dû être une considération suffisante pour nous déterminer à remettre le concert du Ménestrel à mardi prochain, 28 avril. En voici le programme :
1re partie
1° Ouverture de Robin des Bois — Weber.
2° Le Pardon, « joli page aux yeux bleus », romance chantée par Mlle Chérie Courant — Ad. Adam.
3° Air varié pour la clarinette, composé et exécuté par M. Frion.
4° Rassure-toi, pauvre petite, romance chantée par M. Thénard — Frion. Le soir, nocturne à 2 voix, chanté par Mlle Annette Lebrun et M. Thénard — Thénard.
5° Duo du Chalet, chanté par MM. Inchindi et Couderc — Ad. Adam.
6° Air varié pour le violon, composé et exécuté par M. Singer — Singer.
7° Les Deux Soldats et La Fuite du Proscrit, romances chantées par M. Couderc — J. Merlé.
2e partie
8° Ouverture de Zampa — Hérold.
9° Adieu Paris, romance — Ad. Adam.
Reste près de nous, romance chantée par Mlle Annette Lebrun — J. Merlé.
10° Solo de flûte, exécuté par M. Rémusat — Tulou.
11° Air italien, Vous, romance, chantés par M. Richelmi — Masini.
12° Grand duo pour deux pianos, exécuté par MM. Liszt et Schunk — Schunk.
13° Airs nationaux, par les chanteurs styriens.
Le piano sera tenu par M. Potier ; l’orchestre, composé des artistes de l’Opéra-Comique, sera conduit par M. J. Merlé.

Vert-vert (07.12.1835)
CONCERTS MUSARD. Rue Saint-Honoré, n° 359.
L’orchestre sera conduit par M. Musard. — Les solos de cornet à piston seront exécutés par M. Dufrenes, et les solos de flageolet par M. Collinet.
PROGRAMME.
PREMIERE PARTIE.
O. des Deux reines, Monpou.
Q. des Deux reines, Musard.
O. Chev. de bronze, Auber.
Une Heure, quad., Musard.
Frag. du Messie, orat. Handel :
1° introd. ; 2° ouv. ; 3° grand chœur.
Q. de Micheline, Musard.
DEUXIÈME PARTIE.
Final de Robert-le-Diable. 1° introduc. et invoc. ; 2° proces. des nonnes ; 3° bacchanale, Meyerbeer.
L’Angleterre, quad., Musard.
Air varié p. la flûte p. Tulou, exécuté par Rémusat.
Quad. indien, Musard.
O. de Jean de Paris, Boieldieu.
Les Roses, valses, Musard.

Vert-vert (12.01.1836)
CONCERTS-MUSARD, RUE SAINT-HONORÉ, N° 359.
L’Orchestre sera conduit par M. Musard. — Les Solos de Cornet à piston seront exécutés par M. Dufrène, et les solos de Flageolet par M. Collinet.
PREMIÈRE PARTIE.
Ouv. de la Vestale, Spontini.
Les Violettes, suite de valses, Musard.
O. d’Anna Bolena, Donizetti.
Les Œillets, suite de valse, avec introd., Musard.
Ouvert. du Calife de Bagdad, Boieldieu.
Quad. auvergnat, Musard.
DEUXIÈME PARTIE.
Ouv. de Masaniello, Carafa.
Les Échos suisses, q., Musard.
Air varié p. la flûte p. Tulou, exécuté par Rémusat.
Nouv. quad. sur des mélodies écossaises, avec solo de musette, ex. p. Collinet, Musard.
Ouv. d’Angelina, Ries.
Nouv. mazurka, Musard.

Vert-vert (22.04.1836)
Nous avons assisté dimanche à un remarquable concert donné dans la salle Montesquieu ; le bénéficiaire était M. Loiseau, jeune encore, et qui a dirigé l’orchestre avec tout le talent d’un artiste consommé. Les ouvertures de Lestocq, du Cheval de bronze et du Pré-aux-Clercs ont été exécutées avec ensemble et vigueur par des instrumentistes, la plupart amateurs, que l’archet et les conseils de M. Loiseau sont parvenus à dompter et à faire marcher avec une rare précision. (…) M. Rémusat a exécuté un solo de flûte et M. Alard un solo de violon ; ils ont l’un et l’autre fait preuve d’un talent au-dessus de tout éloge et ont été récompensés par plusieurs salves d’applaudissements.

Vert-vert (12.07.1836)
CONCERTS MUSARD. Rue Saint-Honoré, n° 359.
L’orchestre sera conduit par M. Musard. — Les solos de cornet à piston seront exécutés par M. Dufrene.
PROGRAMME.
PREMIERE PARTIE.
O. du Siège de Missolonghi, Hérold.
Le Q. de Sarah, Musard.
O. du Pré au Clercs, Hérold.
La Somnambule au bal, sur des motifs de Loïsa Puget, Musard.
Final de Robert-le-Diable. 1° introduc. et invoc. ; 2° proces. des nonnes ; 3° bacchanale, Meyerbeer.
Moscou, nouv. Quad., Musard.
DEUXIÈME PARTIE.
Ouv. de Jubel, avec le God Save the King, Weber.
2e quad. d’Actéon, Musard.
Variations pour la flûte, comp. par Tulou, exéc. p. Rému.
Les Chasseurs, quad., Musard.
O. de Proserpine, Schneitzœffer.
Galop, Musard.
A. Joly.

Le Ménestrel (18.12.1836)
M. Stoepel a donné lundi dernier une nouvelle matinée d’élèves qui n’a pas obtenu moins de succès que les précédentes. Plusieurs morceaux d’ensemble ont été parfaitement exécutés. Mlle Lili Stoepel, âgée de 9 ans, s’est particulièrement distinguée dans un air du Crociato, qu’elle a joué d’une manière remarquable pour son âge. M. Rémusat a également exécuté un morceau sur la flûte, et son talent a recueilli de justes applaudissements.

La Presse (03.04.1837)
Le Prytanée des Sciences, des Lettres et des Arts, établi rue Notre-Dame-des-Victoires, 16, avec autorisation de M. le ministre de l’instruction publique et du conseil royal, continue le cours de ses intéressantes matinées littéraires et musicales, qui ont lieu tous les dimanches à deux heures. Plusieurs artistes de mérite, et des amateurs d’un talent distingué, prêtent à ces matinées l’appui de leurs talents. Ainsi se sont fait successivement entendre sur le piano M. de Gourcelles, mesdames Marchand, Darcourt-Savary, et mesdemoiselles Zoé Popon, Herminie Rouy, Maltmann et Berchtold ; MM. Rémusat frères ont exécuté des solos et des duos de flûte. M. Jancour comme basson, M. Labarrec comme hautbois, M. Singer sur le violon se sont aussi concilié les suffrages d’un public d’élite.

Journal du Commerce (03.04.1837)
Mlle Péan de la Roche-Jagut annonce pour le 4 de ce mois, à huit heures du soir, un grand concert vocal et instrumental, qui sera donné dans la jolie salle du Gymnase musical. On y entendra, pour le chant, Mlles Nau et Castellan, et MM. Stellan, Tamburini, Lablache, Achard et Levassor ; et pour la partie instrumentale, Mlle Nazel (piano) ; MM. Tilmaut frères (violon et violoncelle), Rémusat frères (flûte) et Sor (guitare). Plusieurs morceaux de musique de la composition de Mlle Péan seront exécutés dans cette soirée. Nous avons déjà eu l’occasion de faire l’éloge de ses romances : nous espérons qu’elle n’aura pas moins bien réussi dans des morceaux plus importants.

Le Temps (15.10.1837)
CONCERTS SAINT-HONORÉ
Première partie
La Double Échelle, nouveau quadrille, avec variations arrangées par Dufrène.
Marche triomphale, Ries.
Duo de Tancrède de Rossini, arrangé pour deux pistons par Fessy, et exécuté par MM. Dufrène et Messemer.
Allegro de la Symphonie en ut mineur, Beethoven.
Galop avec solo de cornet, composé et exécuté par M. Müller père.
Deuxième partie
Andante de la Symphonie en ut mineur, Beethoven.
Finale de la Symphonie en ut mineur, Beethoven.
Les Hommages, nouv. suite de valses, Strauss.
Variations sur la flûte sur un air d’Actéon, composées par Tulou, exécutées par Rémusat.
L’Allemagne, nouveau quadrille, avec variations pour la flûte et le hautbois, par M. Dufrène.

Journal des débats politiques et littéraires (04.12.1837) & Le Constitutionnel (05.12.1837)
Le Gymnase donnera, samedi, au bénéfice de Ferville, après quinze ans de service, une représentation extraordinaire, qui ne peut manquer d’attirer la foule. Tous les théâtres de Paris ont voulu contribuer à cette solennité, qui réunit l’élite de leurs acteurs ; la danse de Mazillier, de Mme Noblet, Alexis Dupont et la réunion de Mmes Volnys, Jenny Vertpré, Déjazet, Achard et ses romances, le cornet à piston de Mesmer, la flûte des frères Rémusat, la voix de ténor si extraordinaire et les airs allemands de Mlle Zohrer de Vienne, Ferville dans L’Abbé de l’Épée et dans Malvina, Bouffé dans Les Vieux Péchés, Bernard-Léon dans Le Spectacle à la Cour et la piquante Marquise de Prétintaille, assurent à l’excellent bénéficiaire une brillante et fructueuse soirée.

La Charte de 1830 (16.12.1837)
Demain 16, Mlle de Mory, premier prix du Conservatoire, donnera un grand concert dans la salle St-Jean, à l’Hôtel-de-Ville. Pour donner une idée de l’intérêt que doit avoir cette soirée musicale, il suffira d’indiquer quelques-uns des morceaux du programme : deux romances chantées par M. Richelmi ; des airs variés pour cornet à piston, exécutés par M. Forestier ; un morceau de La Somnambule, chanté par M. Pantaléoni ; un duo chanté par le même et par Mlle Céline de Mory ; un air varié pour flûte exécuté par M. Rémusat ; voilà déjà de quoi attirer une grande affluence et piquer vivement la curiosité.

La Quotidienne (29.01.1838)
CONCERTS SAINT-HONORÉ. Mercredi prochain, 31 janvier, grand concert dans les salles Saint-Honoré, au profit des pauvres du 1er et 2e arrondissements. M. Valentino fera exécuter l’ouverture de Prométhée, un solo de flûte par Rémusat, un morceau concertant pour piano et violon, composé par MM. Fessy et Maurice Singer, le sextuor de Meyseder et l’ouverture du Jeune Henri. La Symphonie pastorale terminera cette soirée, consacrée au soulagement des malheureux. Prix d’entrée : 2 francs. Les abonnements et entrées de faveur seront généralement suspendus.

Le Charivari (02.03.1838)
CONCERTS SAINT-HONORÉ. — Ce soir, grand concert extraordinaire dans lequel M. Valentino fera exécuter les ouvertures d’Iphigénie, de La Marquise de Brinvilliers, un air varié pour basson par Jancourt, un solo de flûte par Rémusat, une 2e grande polonaise pour violon par Maurice Singer, et la Symphonie en ut mineur de Beethoven.

Messager des chambres (14.03.1838)
CONCERT SAINT-HONORÉ. — Aujourd’hui mercredi, M. Valentino fera exécuter la symphonie en ut mineur, de Beethoven, précédée des ouvertures de Démophon et d’Iphigénie, et d’un air varié pour hautbois, par Delabarre, d’un quintette pour flûte, hautbois, clarinette, cor et basson, exécuté par Rémusat, Verroust, Lecerf, Pothin et Jancourt ; concertino pour clarinette, par Lecerf.
Après-demain, vendredi, la symphonie pastorale de Beethoven, et l’ouverture du Jeune Henri.

Le Figaro (02.03.1838)
Concert donné à l’Hôtel-de-Ville, salle Saint-Jean, par A. Stoepel, le lundi 5 mars 1838, à 8 heures précises du soir. — On entendra, partie vocale : Mlle Bincourt, M. Boulanger, M. Chaudesaigues, M. Pantaléoni. — Partie instrumentale : M. Singer (violon), M. Rémusat (flûte), M. Pillet (violoncelle). — 20 demoiselles exécuteront à quatre mains, sur dix pianos à la fois, plusieurs morceaux. Loges, 10 fr.

Journal de Paris (18.04.1838)
CONCERTS SAINT-HONORÉ. — Aujourd’hui mercredi et vendredi prochain, grands concerts extraordinaires ; on entendra aujourd’hui les ouvertures du Duc de Guise, d’Iphigénie en Aulide, des solos de flûte par Rémusat, de clarinette par Lecerf, une fantaisie pour piano et hautbois, par MM. Fessy et Verroust. M. Valentino fera exécuter dans la deuxième partie la Symphonie en ré de Beethoven.

Le Constitutionnel (20.04.1838)
CONCERTS SAINT-HONORÉ. Aujourd’hui vendredi, grand concert extraordinaire : on entendra l’ouverture de Démophon et, pour la première fois, une procession ou marche triomphale, scène espagnole de M. Vogel, des solos de flûte par Rémusat, de clarinette par Lecerf, et une fantaisie pour piano et hautbois, par Fessy et Verroust ; M. Valentino fera exécuter dans la 2e partie la Symphonie en la de Beethoven.

Le Constitutionnel (23.05.1838)
CONCERTS SAINT-HONORÉ. — Aujourd’hui mercredi, M. Valentino fera exécuter le grand septuor de Beethoven et les ouvertures de Stratonice et du Jeune Henri. Mlle Hersille-Rouy se fera entendre sur le piano, M. Rémusat sur la flûte, M. Maurice Singer dans des variations pour le violon. M. Dufrêne et Messemer dans le duo de Tancrède pour deux pistons. Après-demain vendredi, la Symphonie en ut mineur de Beethoven.

Le Droit (13.06.1838)
CONCERTS-SAINT-HONORÉ. — M. Valentino fera exécuter, aujourd’hui mercredi, la Symphonie militaire d’Haydn, les ouvertures de Fidelio, Don Juan, et M. Jaucourt se fera entendre sur le basson, M. Rémusat sur la flûte, et M. Singer sur le violon. Demain jeudi, la Symphonie en ré de Mozart.

Le Temps (13.06.1838)
CONCERTS SAINT-HONORÉ. — Aujourd’hui mercredi, M. Valentino fera exécuter la Symphonie militaire d’Haydn, les ouvertures de Fidelio, Don Juan. M. Jancourt se fera entendre sur le basson, M. Rémusat sur la flûte, et M. Maurice Singer sur le violon. Demain jeudi, la Symphonie en ré de Mozart.

Journal de Paris (15.06.1838)
CONCERTS SAINT-HONORÉ. — La Symphonie militaire d’Haydn, admirablement exécutée, a été couverte des plus vifs applaudissements, redemandée au milieu des bravos. M. Valentino la fera entendre aujourd’hui vendredi, ainsi que les ouvertures de La Dame blanche, Don Juan, airs variés pour le basson par Jancourt, le violon par Maurice Singer, et une fantaisie sur la flûte par Rémusat.

Vert-vert (15.06.1838)
CONCERTS SAINT-HONORÉ
(On commence à 8 h. 1/2.)
GRAND CONCERT EXTRAORDINAIRE
PREMIÈRE PARTIE
Ouverture de La Dame blanche, Boieldieu.
Air varié pour le basson, exécuté par Jancourt – Beer.
Fantaisie pour la flûte, exécutée par Rémusat — Tulou.
Ouverture de Fidelio, Beethoven.
Air varié pour violon
Ouverture de Don Juan, Mozart.
DEUXIÈME PARTIE
Symphonie militaire, Haydn.
Allegro de la même symphonie, Haydn.
Allegretto de la même symphonie, Haydn.
Menuetto de la même symphonie, Haydn.
Finale de la même symphonie.
Prix d’entrée : 2 fr.

Le Temps (28.10.1838)
CONCERTS SAINT-HONORÉ. — Aujourd’hui dimanche, M. Valentino fera exécuter le finale de la 8ᵉ Symphonie en ut, de Mozart, les ouvertures du Serment et de Marguerite. Lundi, la Symphonie pastorale de Beethoven, les ouvertures d’Obéron et de L’Hôtellerie portugaise. On entendra dans la même soirée M. Verroust sur le hautbois, M. Rémusat sur la flûte, et M. Singer sur le violon.

Le Commerce (01.11.1838)
CONCERTS SAINT-HONORÉ. Demain jeudi, la Symphonie héroïque de Beethoven, précédée des ouvertures de Coriolan, Stratonice et du Jeune Henri ; une fantaisie pour flûte par Rémusat et un trio pour piano, hautbois et basson. Vendredi, la 2e partie du grand Septuor de Beethoven et les ouvertures de Marguerite et d’Iphigénie, etc.

Journal de Paris (01.11.1838)
CONCERTS SAINT-HONORÉ. Jeudi la Toussaint, à cause de la solennité du Jour, la Symphonie militaire d’Haydn, la Symphonie héroïque de Beethoven, précédée des ouvertures de Coriolan, Stratonice et du Jeune Henri ; une fantaisie pour flûte par Rémusat et un trio pour piano, hautbois et basson.

Journal de Paris (28.11.1838)
L’esprit d’association se répand parmi les musiciens. Nous avons déjà parlé d’une société fondée pour donner des séances de musique instrumentale, et seconder, par la musique de salon, les progrès introduits dans l’exécution des compositeurs à grand orchestre, par nos admirables concerts du Conservatoire. Les noms des artistes qui la composent, MM. Bertini, Doehler, Franchomme, Brod, Dorus, Urhan, Cuvillon, Allard, Chevillard et Croizilles, garantissent suffisamment une réussite certaine.
Maintenant nous avons à annoncer la formation d’une nouvelle société, qui a pour but de répandre l’enseignement de la musique, et qui offre de non moins sûres garanties que la précédente, par le talent éprouvé de ses membres. Le chant en chœur sera professé par M. Dietsch, l’harmonie par M. A. Elwart, le piano et accompagnement par M. Fessy, la flûte par M. Rémusat, le violon par M. Maurice Singer, le violoncelle par M. E. Rignault, et la contrebasse par M. Duvier. Ces MM. donneront jeudi prochain, à 8 heures du soir, dans les salons de M. Tressoz, facteur de piano, rue du Sentier, 18, une séance d’inauguration, dans laquelle on entendra plusieurs artistes distingués.

Le Charivari (01.12.1838)
Concerts-Saint-Honoré. — M. Valentino fera exécuter le programme suivant : Première partie. — L’ouverture de Fra Diavolo, d’Auber, et un solo de flûte par Rémusat ; l’ouverture du Jeune Henri, de Méhul ; un solo de violon, par M. Singer ; Guillaume Tell, de Rossini, complètera cette première partie. Dans la deuxième, la Symphonie pastorale de Beethoven. Les amateurs des chefs-d’œuvre de l’art ne feront pas défaut à une aussi brillante soirée.

Le Ménestrel (02.12.1838)
M. Trinquart annonce également une matinée musicale pour le 9 de ce mois dans les salons de M. Pape. À la partie instrumentale, composée de MM. Chollet, Rémusat, Delabarre, Deloffre, Pilet, Mlle Bertucat, viendront se joindre, outre le bénéficiaire, M. Dérivis, Mlle Élian-Barthelemy et quelques autres artistes non moins connus du public. On trouve des billets au prix de 6 francs, au bureau du Ménestrel et chez tous les marchands de musique.
Le 23 décembre, matinée musicale donnée par MM. Rémusat et Josse, dans les salons de Tressoz. On entendra Mmes Mens, Bodin, Weidinger, Darcourt, Estelle Duparc, MM. Achard, Jansenne, Coudère, Levassor, Rémusat frères, Soler, Deloffre, Pilet et Josse.

La Presse (29.03.1839)
Salle St-Honoré. Trois dernières solennités vont clore dignement l’existence artistique des concerts de la saison. Aujourd’hui vendredi, M. Valentino fera exécuter la Symphonie pastorale, les ouvertures de la Gazza ladra, d’Euryanthe, et des Deux Journées, M. Rémusat se fera entendre sur la flûte, et MM. Deloffre et Pilet exécuteront une fantaisie sur le violon et le violoncelle, avec accompagnement de piano, par Mme Darcourt. Samedi la Symphonie en la, et dimanche pour la clôture, la Symphonie en ut mineur.

Gazette Musicale (30.06.1839)
Depuis l’ouverture des concerts aux Champs-Elysées, le public porte de préférence à ceux de M. Dufrène. C’est en effet pour les amateurs de bonne musique un véritable plaisir d’entendre MM. Larivière, Rémusat, Jancourt, Autrique, Brunard, etc. M. Dufrène, dont la verve ne tarit pas, vient encore de donner un nouvel attrait à ces soirées délicieuses en composant plusieurs nouveaux quadrilles au nombre desquels se distinguent le Carillonneur et la Ronde de nuit, qui augmenteront la vogue de ces concerts.

Le Ménestrel (07.06.1840)
Une nouvelle société, qui a pris le nom de Néoprytanée, a donné dimanche dernier une brillante solennité littéraire et musicale dans la salle des concerts Vivienne. (…) La musique a eu de bons interprètes. M. Jourdain a chanté quelques romances ; il a été applaudi, ainsi que M. Juliano, dans le grand air de La Juive : « Rachel, quand du Seigneur ». Les élèves de M. Stoepel ont exécuté avec succès divers morceaux sur plusieurs pianos à la fois. Les chœurs, dirigés par M. Pastou, ont témoigné par leur ensemble de l’habileté de leur savant professeur. MM. Rémusat, sur la flûte, et Saenger, sur le violon, ont été dignement accueillis. Puis est venue Mᵐᵉ Baptiste-Quiney, ce beau contralto dont la méthode est si parfaite. Dans la cavatine de Pacini, Sì, miei prodi, et dans deux nouvelles productions de notre collaborateur J. Vimeux, entre autres : Je l’aime à genoux, cette cantatrice a enlevé tous les suffrages.

Gazette nationale ou le Moniteur universel (23.11.1840)
FLÛTE
Premier prix, partagé entre M. Rémusat cadet (Bernard-Martin), né à Bordeaux (département de la Gironde), âgé de 18 ans ; et M. Brunet (Louis-Marie-Sébastien), né à Landerneau (département du Finistère), âgé de 22 ans, tous deux élèves de M. Tulou, professeur.
Second prix. M. Moreau (Joseph-Félix-Aimé), né à Dijon (département de la Côte-d’Or), âgé de 18 ans, élève de M. Tulou, et d’abord de M. Coche, professeur adjoint.

Le Commerce (25.04.1841)
Lundi prochain, 26 avril, M. Josse donnera, dans la salle Saint-Honoré, un concert dans lequel on entendra un trio pour piano, basse et violon, et une symphonie inédite de sa composition. Le programme que M. Valentino fera exécuter par son excellent orchestre sera en outre composé des ouvertures de La Princesse de Grenade, d’Oberon, d’un solo de violon par M. Armingaud, et d’un solo de flûte par M. Rémusat.

Le Ménestrel (04.09.1842)
Lundi dernier, les beaux salons du château des Folies-Saint-James, à Neuilly, contenaient l’élite de la société parisienne, accourue sur l’invitation de M. Berton, le célèbre auteur de Montano, pour entendre quelques-uns de nos artistes les plus distingués. MM. Gérard, Laget et Mme Rouvroy, de l’Opéra-Comique, se sont fait applaudir. Dans la partie instrumentale, on a remarqué un solo de flûte de M. Rémusat, une fantaisie brillante exécutée sur le piano par Mlle Guénée, un fort joli morceau joué avec une délicatesse de touche remarquable par M. Georges Mathias, jeune pianiste rempli de talent qui nous promet pour l’avenir un compositeur distingué.

Le Spectateur (24.11.1842)
Voici le programme du concert vocal et instrumental que donnera Mlle Joséphine Tuelle, professeur de chant, le samedi 26, à 7 heures et demie, dans la salle de la Société philharmonique :
1re partie.
1° Duo pour flûte et piano, par Mlle Tussa et M. Rémusat ;
2° Air de La Juive, chanté par Mlle Tuelle ;
3° Fantaisie de clarinette, exécutée par M. Meyer ;
4° Romance de Philomèle, chantée par Mlle Tuelle, avec accompagnement de flûte par M. Rémusat.
2e partie.
1° Fantaisie de clarinette, exécutée par M. Meyer ;
2° Romance du Code Noir, chantée par Mlle Tuelle ;
3° Air varié de flûte, par M. Rémusat ;
4° Solo de piano, exécuté par Mlle Tussa ;
5° Air de Mozart, chanté par Mlle Tuelle ;
6° Romance de Loïsa Puget, chantée par Mlle Tuelle.
On trouvera des billets chez Mlle Tuelle, rue Buffon, n° 50.

Courrier de la Côte-d’Or (24.11.1842)
CONCERT VOCAL ET INSTRUMENTAL, DONNÉ PAR MADEMOISELLE TUELLE
Salle de la Société Philharmonique — Samedi 26 novembre 1842, à 7 heures et demie du soir.

Première partieD
1. Duo pour piano et flûte, exécuté par Mlle Tussa et M. Rémusat.
2. Air de La Juive, chanté par Mlle Tuelle.
3. Air varié pour clarinette, exécuté par M. Mayer.
4. Romance de Philomèle, de Panseron, chantée par Mlle Tuelle, avec accompagnement sur la flûte par M. Rémusat.
Deuxième partie
1. Fantaisie pour clarinette, par M. Mayer.
2. Romance du Code Noir, chantée par Mlle Tuelle.
3. Fantaisie pour flûte, exécutée par M. Rémusat.
4. Solo de piano, exécuté par Mlle Tussa.
5. Air de Mozart, chanté par Mlle Tuelle.
6. Romance de Mlle Louise Puget, chantée par Mlle Tuelle.
On trouvera des billets chez Mlle Tuelle, rue Buffon, 30.

Le Spectateur (21.01.1843)
Voici le programme du concert que donnera le 25 janvier, à 7 heures 1/2, dans la salle de la Société philharmonique [à Dijon], M. Meyer, chef de musique au 74e de ligne :
Première partie
1. Ouverture d’Emma di Resburgo, pour musique militaire, exécutée par la musique du 74e — Meyerbeer.
2. Concerto pour clarinette, avec accompagnement d’orchestre, exécuté par M. Meyer — Lindpaintner.
3. Air de La Flûte enchantée, chanté par M. Schlosser — Mozart.
4. Air varié pour la flûte, joué par M. Rémusat — Tulou.
5. Fragment du grand duo de Weber, pour piano et clarinette, exécuté par M. A. Vildier, chef d’orchestre, et M. Meyer.
6. La Reine Victoria, quadrille pour musique militaire — Musard.
Seconde partie
7. Ouverture de Zanetta, pour musique militaire — Auber.
8. Air de Guido et Ginevra, chanté par M. Schlosser — Halévy.
9. Fantaisie pour violon, exécutée par M. Arthur — [Artot].
10. Air de Tamerlan, chanté par M. Schlosser — Weber.
11. Air varié pour clarinette, exécuté par M. Meyer — [Berr].
12. Ouverture des Diamants de la couronne, pour musique militaire — Auber.
13. Quadrille des Huguenots pour musique militaire — Meyerbeer.

Le Globe (17.06.1843)
Le Gymnase donne aujourd’hui samedi, sans remise, au bénéfice de Bordier, acteur à la fois si modeste et si utile, une représentation qui ne peut manquer d’attirer la foule. Le spectacle sera ainsi composé : la 1re représentation d’Antonine ou la Créole, comédie-vaudeville en 3 actes ; Mlle Lobry débutera par le rôle de Louise, Mme Volnys remplira celui d’Antonine, les autres rôles par MM. Tisserant, Volnys, Klein, Mlle Nathalie et l’élite de la troupe ; Thomas-le-Rageur, joué cette fois par Sylvestre ; la 16e de Lucrèce à Poitiers, dont la vogue augmente chaque jour ; la flûte de M. Rémusat, le piano de M. Chollet, les imitations de Neuville. On commencera par L’Assassin de Boyvin, proverbe si bien joué par Numa. Le prix des places ne sera pas augmenté.

Le Ménestrel (14.01.1844)
Dans un concert, donné salle Vivienne, par la Société des artistes unis, Mlle Dural a chanté l’air de La Muette et d’I Capuleti avec une pureté, un brillant et un style dignes des plus grands éloges : trois salves d’applaudissements ont récompensé ce délicieux talent qui commence et promet d’atteindre un jour à la perfection. Dans la même séance, on a remarqué des quatuors fort originaux pour voix d’hommes avec accompagnement de cor, de la composition de M. Josse ; puis un solo de violon par M. Maurin, un solo de flûte par M. Rémusat et un solo de hautbois par M. Verroust.

Le Siècle (07.11.1844)
Le Gymnase donnera samedi 9 novembre une représentation au bénéfice d’un de ses meilleurs artistes, M. Tisserant ; elle se composera de Le Legs, de Marivaux, par Firmin, Mlles Plessy et Doze ; Les Petites Misères de la vie humaine, par Bardou, Leclère et Mlle Juliette, du Vaudeville ; Le Procès de la Polka, joué par les artistes du Gymnase et tous les comiques des Variétés et du Palais-Royal, et un intermède de musique. M. Rignault jouera une fantaisie sur le violoncelle, M. Rémusat un morceau de flûte, le grand duo du Thermomètre sera exécuté par Achard.

Le Siècle (09.11.1844)
Ce soir, aux Français, la 2e représentation du Tisserand de Ségovie. — C’est décidément aujourd’hui qu’a lieu au Gymnase la représentation extraordinaire au bénéfice de Tisserant, à laquelle concourront le Théâtre-Français, le Vaudeville, les Variétés, le Palais-Royal et le Gymnase. Le Legs, joué par M. Firmin, Mmes Plessy et Doze ; Les Petites Misères, par Bardou ; Un Enfantillage, par Sainville et Mme Dupuis ; Emma, la pièce qui obtient en ce moment un si grand succès au théâtre du Gymnase, forment les éléments principaux de cette curieuse représentation, qui sera variée par un intermède d’une composition des plus piquantes : 1° Les Tribulations d’un choriste, par M. Levassor ; 2° Air sur le violoncelle, par M. Regnault ; 3° Le Thermomètre de l’ingénieur Chevalier, grand duo par Achard et Tisserant, paroles traduites d’Hérodote, musique également traduite d’Hérodote ; 4° Air sur la flûte, par M. Rémusat ; 5° Cachucha et polka, par Mlle Nathalie, MM. Luguet, Sainville, Ravel, Odry, Leménil, Hoffmann, Rébard, Landrol, Ch. Pérey ; 6° Romances, par M. Ponchard, pensionnaire de l’Opéra-Comique.

L’Aube (23.04.1845)
Voici une nouvelle qui intéresse les abonnés de la Société philharmonique [de Troyes], ainsi que les étrangers admis à ses concerts. On entendra, dans la prochaine soirée musicale, MM. Villain, premier violon de l’Opéra ; Rémusat, première flûte de l’Opéra-Comique, et Jules Lefort, baryton, qui, par sa voix et sa méthode, s’est fait souvent applaudir dans les concerts de Paris. On dit que le comité, cherchant à se mettre en rapport avec le fameux pianiste Thalberg, se trouve arrêté par les prétentions exorbitantes de l’artiste. Les intentions du comité sont très louables ; nous l’engageons cependant à ne pas faire d’énormes sacrifices pour triompher des irrésolutions de M. Thalberg. 

Le Commerce (07.04.1846)
M. Jules Lefort a une voix de baryton bien timbrée. Il y a de l’inexpérience dans sa manière de chanter ; mais il est encore assez jeune pour qu’on comprenne et excuse ce défaut. Qu’il n’oublie pas seulement que plus tard le public sera d’autant plus difficile à son égard que, dès aujourd’hui, il lui a laissé concevoir de fort belles espérances. Le programme de son concert était organisé avec goût, qualité qui ne se trouve malheureusement pas dans tous les programmes. La flûte de M. Rémusat y rivalisait avec la voix de Mlle Nau ; le public est resté indécis entre ces deux talents également supérieurs.

Journal des débats politiques et littéraires (18.07.1846)
[Zémire et Azor de Grétry, Opéra Comique].
Dans le solo de flûte de cet air de La Fauvette, Rémusat se fait chaque soir applaudir, et c’est justice : il le joue supérieurement.

Journal des débats politiques et littéraires (29.11.1846)
En revanche, j’ai assisté à deux concerts très intéressans, l’un offert à ses abonnés par la France musicale, l’autre donné par M. Michel Lévy et la Société de chant qu’il dirige. Les chœurs formaient le fond du programme de celui-ci ; on y a cependant applaudi, et très chaudement, un solo de flûte supérieurement exécuté par M. Rémusat, et une délicieuse romance d’Auguste Morel, que Wartel a dite comme il sait dire maintenant les plus belles œuvres de Schubert.

Le Commerce (09.12.1846)
Une grande soirée d’artistes, composée de chant, de musique et de danse, et dans laquelle paraîtront tous les comiques de Paris ; chansonnettes par André Hoffmann et Mlle Berthault ; La Garde-Malade, par les artistes du Palais-Royal ; solo de violon, par M. Montaubry ; solo de flûte, par M. Rémusat ; La Vendetta, par les artistes des Variétés.

Journal des débats politiques et littéraires (09.12.1846)
Après-demain jeudi, le Vaudeville donnera une brillante représentation au bénéfice de Mme Doche. En voici le programme : Première représentation de L’Homme qui se cherche, joué par Félix ; un Duel au pavé, scène comique par Hyacinthe, Alcide Tousez et Ravel, le Capitaine de Voleurs, par Arnal, Amant et Mme Doche ; les Époux Gluau, querelle chorégraphique en deux tableaux, jouée par Grassot, Bardou, Leclère et Mlle Juliette. Une grande soirée d’artistes, composée de chant, de musique et de danse, et dans laquelle paraîtront tous les comiques de Paris. Chansonnettes par A. Hoffmann et Mlle Berthault ; la Garde-Malade, par les artistes du Palais-Royal ; solo de violon par M. Montaubry ; solo de flûte par M. Rémusat ; et la Vendetta, par les artistes des Variétés.

Brighton Gazette (29.08.1850)
TOWN HALL. BRIGHTON. IMMENSE ATTRACTION. – GRAND PROMENADE CONCERTS. It is respectfully announced that a series of EIGHT GRAND VOCAL AND INSTRUMENTAL PROMENADE CONCERTS, given by the following distinguished Artists of Her Majesty’s Theatre, will take place at the above Hall, ON MONDAY NEXT, SEPTEMBER 2D.
The Orchestra will comprise the following Artists.
Herr KOENIG, Master of the Band, Royal Irish Hussars.
Herr HARTNAGELL, Mr. DAWSON, (Both of Her Majesty’s Theatre), M. PLASSY, of the Royal Academy, Paris,
Mr. MARTIN, M. PELLERIN, M. DE TALLENCE, M. BOILEAU, M. REMUSAT, M. MARIN,
M. B. PICKAERT, M. ISTA, (All of Her Majesty’s Theatre,)
M. LEVY, of the Royal Academy, Paris; M. ANTOINE, Royal Opera, Covent Garden;
M. L. PICKAERT, of the Opera, Paris;
M. SOUALLE, the Philharmonic Society of Paris;
M. FERET.
Conductor – M. A. VILLAIN;
VOCAL PERPORMERS. Mme. RAYLOFF, Soprano, from the Grand Opera, Berlin; Mme. J. FERET, Contralto, from the Academie of Paris; M. ISTA, Artist of the Opera Comique, Paris; M. FERET, Artist of the Philharmonic Society, Paris.
SOLO PERFORMERS – Herr KOENIG, French Horn, Master of the Band, Royal Irish Hussars.
M. REMUSAT, Flute-Solo, Grand Opera, Paris, and of H. M. Theatre.
M. M. LEVY, Principal Violoncello, of the Opera, Paris.
M. SOUALLE, First Clarionet of the Philharmonic Society Paris,
who will perform on newly-invented Alto-Clarionet for the first time in this country.
M. A. VILLAIN, First Violin of the Grand Opera, Paris, and of Her Majesty’s Theatre.
Pianist and Accompanyist M. FERET.
Reserved Seats, 6d; Promenade, 1s. – Doors open at Half-past Seven. Concerts to commence Eight o’clock.

Messager des théâtres et des arts (13.10.1850)
LES THÉÂTRES DE LONDRES. 1er octobre 1850. Le programme des concerts du théâtre de Sa Majesté vient d’être publié. Il a été parfaitement accueilli. En donner les détails, c’est en faire le plus grand éloge. Parmi les chanteurs, on compte : Mᵐᵉ Angri Poole, Messent, Biscaccianti ; MM. Calzolari, Jules Lefort, Sims Reeves, etc. On distingue parmi les instrumentistes : MM. Talberg, Charles Hallé, Heinrich Werner, pianistes ; Sivori et Sainton, violons ; Rousselot, violoncelle ; Herr Müller, contrebasse ; Barret, hautbois ; Rémusat, flûte ; Cavallini, clarinette ; Baumann, basson ; Prosper, ophicléide, etc.

Le Constitutionnel (09.10.1853)
[Théâtre Lyrique. Le Bijou perdu, opéra comique en trois actes d’Adolphe Adam.]
comptez l’ouverture, et le charmant solo de flûte supérieurement exécuté par Rémusat, le chœur d’introduction, le grand finale du second acte, largement développé, la parodie si piquante et si fine de la scène de Rameau, le trio du Panier
et tout le rôle du ténor, qui n’a été interprété que d’une manière fort médiocre, et vous verrez que la partition nouvelle de M. Ad. Adam est une des mieux réussies, des plus heureuses, des plus spirituelles et des plus charmantes du fécond compositeur.

Revue et Gazette Musicale de Paris (09.10.1853)
[Le Bijou perdu]. La première partie de son ouverture est une espèce de concerto de flûte, mis là sans doute uniquement parce que l’orchestre du Théâtre-Lyrique possède en ce moment un des plus remarquables flûtistes qu’il y ait, M. Rémusat, naguère première flûte au Théâtre de la Reine à Londres, alors qu’il y avait à Londres un théâtre de la Reine, et que la fermeture de ce théâtre nous a heureusement rendu. Nouvelle preuve qu’à quelque chose malheur est bon. M. Rémusat a obtenu un succès presque égal à celui de Mme Marie Cabel dans ce concerto de flûte tel quel. Comme valeur musicale, M. Adolphe Adam ne sera pas surpris que nous préférions l’andante du finale du second acte, morceau bien fait et très-bien écrit pour les voix.

La Patrie (10.10.1853)
Théâtre Lyrique. Le Bijou perdu, opéra comique en trois actes d’Adolphe Adam. 
La partition nouvelle de M. A. Adam est pleine de verve et d’entrain. On a beaucoup applaudi dans la première partie de l’ouverture un solo de flûte admirablement exécuté par M. Rémusat.

Journal des débats politiques et littéraires (10.10.1853)
Le nombre des morceaux de musique du Bijou perdu est considérable. L’ouverture, malgré un long solo de flûte écrit pour faire briller l’habile virtuose M. Rémusat, a produit peu d’effet. Après ce morceau instrumental écrit à la hâte et sans prétention viennent une petite marche de mousquetaires, une chanson du jardinier, un trio syllabique, un solo de ténor en couplets, d’autres couplets soldatesques avec accompagnement de fifre et de tambour, un duo, un chœur avec triangle, la charge attribuée à Rameau, une ronde, un boléro, une chansonnette ; l’air Dans les gardes français, un gros chœur, une cavatine précédée d’un grand solo de cor, encore un duo contenant des vocalises à deux voix, un chœur final. (Hector Berlioz.)

L’Assemblée nationale (21.11.1854)
Malgré les répétitions quotidiennes du nouvel ouvrage qui sera bientôt représenté, Mme Cabel a repris les représentations du Bijou perdu qui alternent maintenant avec celles de La Promise dont le succès est loin d’être épuisé. Il y a eu peu de mutations dans la distribution du Bijou. À l’orchestre, M. Rémusat est remplacé, dans le solo de flûte de l’ouverture, par M. Alric qui le joue de manière à laisser croire au public que Rémusat n’a pas cessé de faire partie de l’orchestre.

Le Droit (31.05.1855)
RANELAGH. Demain dimanche 3 juin, à deux heures et demie, inauguration des concerts-promenades. L’administration a eu l’heureuse idée de donner pendant l’Exposition des concerts dans lesquels A. Pilati, l’habile chef d’orchestre, a réuni nos célébrités artistiques, tels que Colosenti, ophicléide ; Arban, piston ; Rémusat, l’éminente flûte, et tant d’autres dont les réputations sont universelles.

Journal des débats politiques et littéraires (02.06.1855)
Dimanche 3 juin, à deux heures et demie, aura lieu au Ranelagh l’inauguration des concerts-promenades. L’orchestre, composé d’artistes du plus haut mérite, sera dirigé par A. Pilati. Les solos seront exécutés par Colasanti, ophicléide ; Arban, piston ; Rémusat, l’éminente flûte, etc.

L’Assemblée Nationale (03.06.1855)
RANELAGH. — Dimanche 3 juin, à 2 h. 1/2, inauguration des concerts-promenades. Depuis l’ouverture du chemin de fer de Passy, tout Paris vient se prélasser sous les ombrages du bois de Boulogne ; aussi l’administration du Ranelagh a-t-elle eu l’heureuse idée de donner des concerts-promenades tous les jours pendant l’Exposition. Plus de cent mille étrangers viendront admirer le magnifique lac, et en sortiront se reposer au milieu d’un concert suave, conduit par un talent remarquable, par l’habile chef d’orchestre A. Pilati, entouré d’artistes du plus haut mérite, tels que Colasanti, ophicléide ; Arban, piston ; Rémusat, l’éminente flûte, et tant d’autres d’une réputation.

Messager des théâtres et des arts (17.06.1855)
Nous avons entendu, au concert-promenade du Ranelagh, où les étrangers se rendent en foule, l’excellent orchestre de M. A. Pilati, entouré d’artistes de premier ordre et de noms aimés du public ; nous avons tour à tour applaudi Colosanti, l’ophicléide, Arban, le célèbre piston, Rémusat, l’éminente flûte, dont les réputations sont universelles. L’administration du Ranelagh a su donner un véritable intérêt artistique à ces concerts, qui sont du reste fort courus.

Journal des débats politiques et littéraires (21.12.1858)
Londres, qui jusqu’ici n’avait pas de théâtre d’opéra-comique français, ne tardera pas à en posséder un. C’est le 29 décembre qu’aura lieu l’ouverture du nouveau théâtre dans la salle de Saint-James. Le directeur est M. Rémusat, artiste dont le talent sur la flûte est bien connu. Dans la liste des acteurs, figurent Mme Fauré-Brière, du Théâtre-Lyrique de Paris, Mlle Céline Mathieu, du théâtre de Bordeaux, Fougère et Emon, ex-artistes de l’Opéra-Comique de Paris. L’orchestre sera composé des principaux musiciens du théâtre de S. M. et de l’Opéra-Italien de Covent-Garden. On jouera successivement les meilleures compositions de MM. Auber, Halévy, d’Hérold, de Boieldieu, d’Adolphe Adam et de Grétry. On assure que M. Mitchell, qui autant qu’un Français aime la France et les chefs-d’œuvre de sa musique, prêtera son concours puissant et si actif à cette nouvelle entreprise.

The Spectator (01.01.1859)
A French Opera company, under the management of M. Remusat, have established themselves at the St. James’s Theatre. Their first performance which consisted of…

La Gironde (12.02.1860)
Voici le programme de la matinée musicale qui sera donnée par MM. Rémusat et Dufau, demain dimanche, 12 février, à 1 heure 1/2, dans la salle des Concerts du Grand-Théâtre :
1. Fragment de quatuor pour flûtes (Kuhlau), exécuté par MM. Rémusat, Dufau, Delencios et Opdebeeck.
2. Romance chantée par M. Graulot.
3. Marche espagnole, composée et exécutée par M. Buerta.
4. Cavatine espagnole (Mercadante), chantée par Mlle Michaeu.
5. Variations sur l’air de Malborough, composées et exécutées par M. Dufau.
6. Air chanté par M. Graulot.
7. Variations sur le Pirata, comp. et exéc. par M. Rémusat.
8. Grand air du Prophète (Meyerbeer), chanté par Mlle Michaeu.
9. Solo pour flûte, composé et exécuté par M. Rémusat.
10. Adagio et tarentelle (Vieuxtemps), exéc. par M. Baudoin.
11. Grand duo sur la Norma (Rémusat), exécuté par l’auteur et M. Dufau.

The Examiner (12.05.1860)
When the new French company has warmed to its work, and one or two deficiencies incident to the arrangements of a house suddenly occupied have been supplied, we believe that the new opera company will prove itself stronger, as we heartily hope it will be more successful, than that managed by M. Remusat

La Gironde (03.06.1861)
Salle de la Renaissance. — Dimanche 2 juin, à 9 heures, concert d’été, vocal et instrumental, donné avec le concours de M. Rémusat, première flûte solo du Théâtre de la Reine d’Angleterre, de Mmes Montaut et Irène Lambert, de M. Gustave Sauvey, et de MM. Lejeune, Sailly, Delatre, Postula, Dallée, Kollet, Labroille, Sauret. — Pianiste accompagnateur : M. Rodolphe Rinck.
1. Ouverture (Hérold).
2. Air de La Fille du Régiment (Donizetti), chanté par Mme Montaut.
3. Air varié pour flûte, composé et exécuté par M. Rémusat.
4. Les Étincelles, valse (J. Massip).
5. Couplets de Galathée (Victor Massé), chantés par Mlle Irène Lambert.
6. Le Premier duel, chansonnette composée et chantée par M. G. Sauvey.
7. Grande fantaisie sur Guillaume Tell (Rossini).
8. L’Étranger (Alary), romance chantée par Mme Montaut.
9. Le Poëte de Carpentras, chansonnette composée et chantée par M. G. Sauvey.
10. Florine, mazurka (J. Massip).
11. Plaisirs d’amour (Martini), romance chantée par Mlle Irène Lambert.
12. Le Diorama mythologique, chansonnette composée et chantée par M. G. Sauvey.
Ouverture des portes à 8 heures. — Prix d’entrée : 1 franc.

La Gironde (05.06.1861)
La Chronique, de Libourne, rendant compte d’un spectacle-concert qui a eu lieu dans cette ville samedi, s’exprime ainsi au sujet de M. Rémusat et de Mme Alrit : « M. Rémusat, — le rival de Dufau — pendant les deux courtes apparitions, trop courtes, hélas ! qu’il a faites sur la scène, a tenu son auditoire sous le charme enchanteur de son mélodieux instrument ! Quelle douceur et quelle pureté de sons ! Quelle suavité d’expression il sait donner à la moindre note, et comme on se laisse aller à la rêverie en entendant ces airs tant admirés, tant soupirés — mais pas toujours aussi harmonieusement que par M. Rémusat — de la Norma et de la Lucie de Lammermoor ! Aussi les bravos et les rappels ne lui ont pas manqué. On compare souvent, par emphase, une belle voix aux moelleux accents de la flûte ; nous doutons qu’il y en ait beaucoup que l’on puisse comparer à celle de M. Rémusat. Ne nous hasardons pas trop pourtant à l’affirmer ; car, dans cette même soirée, nous avons entendu des roulades de Mme Alrit, qu’un rossignol n’aurait certes point désavouées. C’était dans les Noces de Jeannette, opéra-comique dont la musique est aussi délicieuse que les paroles, et qui a été gentiment interprétée par M. Fay et Mme Alrit. »

La Gironde (07.06.1861)
Dimanche 9 juin, à 9 heures, dernier concert d’été, avec le concours de M. Rémusat, première flûte solo du Théâtre de la Reine d’Angleterre, de M. Crambade, ex-baryton du Théâtre de Bordeaux, de M. Gustave Sauvey, et de MM. Lejeune, Sailly, Delatre, Postula, Dallée, Roller, Labroille, Sauret. — Pianiste accompagnateur : M. Rodolphe Rinck.

La Gironde (08.12.1861)
Voici le programme du concert qui sera donné demain dimanche, à 1 heure de l’après-midi, dans la salle Franklin, par M. Sauvey :
PREMIÈRE PARTIE.
Ouverture par la fanfare Rollet.
Les Archives d’un vieux Garçon, scène intime, jouée par Gustave Sauvey. (Sauvey, Parizot).
Fantaisie originale, composée et exécutée par M. Pellegrin. (Pellegrin).
Variations de Ronde, chantées par Mlle Ernaux.
Page, Écuyer, Capitaine, scène lyrique chantée par M. Clavel. (E. Membrée).
Air de flûte, composé et exécuté par M. Rémusat. (Rémusat).
Le poète de Carpentras, chansonnette chantée par M. Gustave Sauvey. (Sauvey, Parizot).
Marche militaire, chœur. (Becker).
DEUXIÈME PARTIE.
Grande Mosaïque, fantaisie avec solos, par la fanfare Rollet.
L’Écolier, chansonnette chantée par M. Sauvey. (Sauvey, Albert).
Fantaisie pour violoncelle, par M. Hekking. (Servais).
Air du Chalet
, chanté par M. Bataille (Adam).

La Gironde (20.04.1863)
S
amedi 11 avril a eu lieu, dans la salle du Cercle littéraire et artistique, un concert donné par Mme M. Bodin. Annoncé pour huit heures, il n’a commencé qu’à huit heures et demie, devant un auditoire qui aurait pu être plus nombreux et qui était composé en grande partie de dames. Un quintette instrumental de Kuhlau, pour flûte, violon, deux altos et violoncelle, ouvrait la séance. Exécuté avec talent par MM. Rémusat, Baudoin, Sailly, Hermann et Hekking, il a été très goûté. On a seulement regretté que ce morceau, qui renferme d’excellentes parties, laissât à peu près dans l’ombre le violoncelle et les altos : leur rôle y consiste seulement à accompagner le chant, dévolu alternativement au violon et à la flûte. (…) La flûte de M. Rémusat a fait merveille, comme toujours, dans sa fantaisie sur Lucia di Lammermoor, et dans les Variations, de sa composition, sur le Carnaval de Venise. 

La Gironde (23.05.1863)
En attendant le compte-rendu détaillé de la soirée du Cercle littéraire et artistique à la salle Franklin, nous devons dire qu’outre les artistes nommés hier, M. Marthieu a chanté les morceau Page, écuyer et capitaine, avec beaucoup de succès. M. Rémusat, qui conduisait l’orchestre, a fait entendre aussi une fantaisie pour flûte sur un motif du Pirate, et MM. Rinck et Capurro ont tenu le piano d’accompagnement.

La Gironde (23.05.1863)
Voici le programme du concert qui sera donné demain samedi, à huit heures du soir, à la salle Franklin, sous le patronage de Mgr le cardinal Donnet, au profit de la souscription polonaise, avec le concours de tous les artistes du Grand-Théâtre :
PREMIÈRE PARTIE.
1. Deuxième fantaisie sur Bruani, couronnée au concours d’Agen, par la fanfare Rollet.
2. Les Grillons, chantés par M. Méric.
3. Page, écuyer, capitaine (E. Membrée), par M. Marthieu.
4. Fantaisie sur La Fille du Régiment (Servais), pour violoncelle, par M. Lejeune.
5. Couplets de Charles Quint, par M. Bataille.
6. Grand air du Pardon de Ploërmel (Meyerbeer), par Mme Gasc.
7. Hymne à la France, par l’Orphéon Ch. Magne.
DEUXIÈME PARTIE.
STABAT, par 180 exécutants.
1. Chœur.
2. Solo de soprano, par Mme Rey-Balla, avec accompagnement de cor, par M. Delatre.
3. Quintette par Mme Gasc, Mlle Elvire, MM. Jaulain, Méric et Marthieu.
4. Duo par Mme Gasc et M. Méric.
5. Solo de basse, par M. Marthieu.
6. Chœur final.
TROISIÈME PARTIE.
1. Mélodie religieuse, chantée par M. Harvin.
2. Air d’Othello, chanté par Mme Rey-Balla.
3. Fragments du Dies iræ (L. Lamouroux), par MM. Jaulain, Méric et Marthieu.
4. Solo de flûte (Rémusat), par l’auteur.
5. Noël (Adam), par Mlle Elvire.
6. Prière de la Juive, par M. Jaulain.
7. Fantaisie sur Robert le Diable, par la fanfare Rollet.
Le piano sera tenu par M. Rinck.
On espère que le cardinal honorera cette soirée de sa présence.

La Gironde (25.05.1863)
Parlons maintenant du concert donné hier au soir samedi à la salle Franklin, au profit de la souscription polonaise, sous le patronage de Son Éminence Mgr le cardinal Donnet, avec le concours des principaux artistes du Grand-Théâtre. (…) M. Rémusat s’est fait applaudir dans un solo de flûte sur des motifs de Lucia di Lammermoor.

La Gironde (20.11.1863)
M. Rémusat se propose d’inaugurer à Bordeaux une série de concerts populaires de musique classique qui, nous n’en doutons pas, sont appelés à avoir un grand succès. Le premier aura lieu dimanche prochain, 22 novembre, à une heure et demie, dans la salle Franklin. En voici le programme : PREMIÈRE PARTIE.
1. Ouverture d’Oberon, orchestre (Weber).
2. Air de Cenerentola, chanté par Mme Bodin. (Rossini.)
3. Solo de flûte, composé et exécuté par M. Rémusat.
4. Rondeau pour piano, exécuté par Mlle H. Lasserre, élève de M. Frédéric Knutz. (Weber.)
5. Romance de Joconde, chantée par M. Méric. (Nicolò.)
6. Air de la Fauvette (Zémire et Azor), chanté par Mme Bodin (flûte obligée par M. Rémusat). (Grétry.)
7. Le Croisé, concerto avec orchestre, exécuté par Mlle H. Lasserre. (Weber.)
DEUXIÈME PARTIE.
Symphonie en ut mineur (orchestre). (Beethoven.) 1. Allegro con brio. — 2. Andante con moto. — 3. Allegro final. L’orchestre sera dirigé par M. Rémusat.
Prix des places : Stalles d’orchestre, 5 fr. ; Stalles, 3 fr. ; Galeries, 2 fr. ; Parterre et Pourtour, 1 fr.

 

La Gironde (17.12.1863)
La section des arts du Cercle littéraire et artistique a tenu hier une séance publique qui avait attiré dans ses salons un grand nombre de dames et d’amateurs de musique. M. Ch. Amouroux a été applaudi deux fois, comme exécutant pour son concerto sur le piano, et comme compositeur pour son Stabat Mater, chanté avec beaucoup de goût par MM. Beck, frères, et Siéger. M. L. Gibert a chanté avec son talent habituel et une rare expression, une barcarolle et une mélodie de Schubert. M. Rémusat a joué de la flûte, c’est dire qu’il a été applaudi. MM. Debans, Endron et de Blangy ont dit de jolis vers. Mais l’intérêt de la soirée a été pour deux jeunes personnes, Mlles Renard et Lassus, qui, malgré une certaine inexpérience, ont montré une jolie voix et ont recueilli de nombreuses marques d’une flatteuse approbation.

La Gironde (21.12.1863)
C’est dimanche dernier qu’a eu lieu, à la salle Franklin, le second concert populaire de musique classique donné par M. Rémusat. Le commencement de la séance a été un peu froid ; à cela plusieurs causes : l’ouverture d’Obéron, déjà entendue la première fois et substituée sans avertissement à celle de Léonore annoncée sur le programme ; un solo de violon qui devait se marier à la voix de Mme Bodin dans l’air du Pré-aux-Clercs, et qui n’a pas été joué ; enfin, un air de Don Juan, bien chanté, mais accompagné probablement à première vue.
Pour rompre la glace, il a fallu le merveilleux talent que M. Rémusat possède sur la flûte. De vifs et chaleureux applaudissements ont accueilli, et c’était pleine justice, la Clochette de Paganini et la fantaisie sur Le Pirate, exécutées par ce virtuose avec une perfection véritablement désespérante pour ses émules. Le septuor de Hummel a montré l’agilité remarquable que possède sur le piano Mlle Lasserre. On a seulement regretté, et avec raison, que l’on n’ait pas pu faire deux ou trois bonnes répétitions de plus. En revanche, l’ouverture du Jeune Henri, cette admirable page de musique pittoresque, a été enlevée par l’orchestre et vigoureusement applaudie par l’assistance électrisée. La Symphonie en ut mineur a produit sur l’auditoire encore plus d’effet que la première fois, ce qui n’est pas peu dire. L’enthousiasme du public, après l’audition de cette œuvre sublime, ne peut se dépeindre.

La Gironde (18.01.1864)
Une affluence considérable avait répondu à l’appel de Mme Tardieu de Malleville, et un public d’élite, où les dames, comme toujours, étaient en grande majorité, remplissait littéralement, dimanche dernier, la salle et les couloirs du foyer Franklin. L’excellente pianiste s’était adjoint, cette fois, le précieux concours de MM. Hekking et Rémusat, deux artistes éminents, aussi remarquables pour le moins lorsqu’ils interprètent la musique des vrais maîtres, que quand, sacrifiant au goût d’une portion du public (qui pourrait bien en devenir la minorité), ils exécutent les fantaisies et les variations à la mode. Le trio de Weber, pour piano, violoncelle et flûte, qui ouvrait la séance, est une de ces œuvres ravissantes qu’on entend trop rarement. Je ne saurais dire combien il gagne à être exécuté à la flûte et non avec violon ; il est vrai que c’était M. Rémusat qui tenait cette partie ! L’andante surtout, célèbre en Allemagne, est fort poétique. Le scherzo, d’un charmant effet, est tout à fait digne de l’auteur de Preciosa. Des fragments d’une sonate de Kuhlau, exécutés par M. Rémusat et Mme Tardieu, ont été très goûtés. Kuhlau (né en 1786, mort en 1832) est un compositeur trop dédaigné de nos jours ; nous ne conseillerions pas pourtant à aucun directeur de remettre à la scène ses opéras ; mais, à notre avis, sa musique de chambre offre un réel intérêt et peut marcher de pair avec les œuvres du même genre composées par le violoniste Mayseder. — Inutile de dire que M. Rémusat a joué la partie de flûte de la sonate de manière à contenter les plus difficiles.

La Gironde (06.03.1864)
Voici le programme définitif du concert populaire donné demain par M. Rémusat dans la salle du cirque : 1. Symphonie en la. (Beethoven.) 1. Poco sostenuto et vivace. — 2. Allegro. — 3. Scherzo presto. 2. Air du Page des Huguenots, chanté par Mlle Céline Gadal. (Meyerbeer.) 3. Fantaisie pour flûte, exécutée par l’auteur. (Rémusat.) 4. Le Croisé, concerto de piano, exécuté par M. Ben Tayoux. (Weber.) 5. Mélodie chantée par Mlle Célide Gadal. (Mme Santa Coloma Sourget.) 6. Plaisir et bonheur, caprice de concert, exécuté par l’auteur. (Ben Tayoux.) 7. Les Babillardes, rondo en octaves, exécuté par l’auteur. (Ben Tayoux.) 8. Ouverture d’Euryanthe. (Weber.) L’orchestre sera dirigé par M. Rémusat.

La Gironde (21.03.1864)
Bien que les concerts populaires du Cirque n’aient encore attiré qu’un public restreint, M. Rémusat n’en continue pas moins sa vaillante entreprise, et les bons musiciens doivent de plus en plus lui savoir gré de ses intelligents efforts. Aucun d’eux n’oubliera que, grâce à cet habile chef d’orchestre, nous avons successivement entendu cet hiver la Symphonie en ut mineur, la Symphonie pastorale, la Symphonie en la, une partie de la Symphonie héroïque et l’ouverture de Léonore, de Beethoven ; les ouvertures d’Obéron et d’Euryanthe, et le concerto pour piano en fa, de Weber ; le larghetto du quintette en la, de Mozart ; le concerto pour violon, de Mendelssohn ; l’ouverture de La Chasse du jeune Henri, de Méhul ; le septuor, de Hummel, etc., etc. 
S’il est une chose triste à penser, c’est qu’à Bordeaux, dans une ville aussi importante, on n’ait pas trouvé six ou sept cents auditeurs disposés à entendre, une fois par semaine, de pareilles œuvres, pour la modique somme de un franc !
Le concert de dimanche dernier nous offrait comme nouveauté la marche funèbre de la Symphonie héroïque. Beethoven avait une admiration sans bornes pour Napoléon ; son génie épique devait en effet comprendre et aimer la grandeur d’un tel caractère. On dit que l’illustre compositeur, qui avait d’abord destiné la Symphonie héroïque à célébrer la gloire de son héros de prédilection, transforma l’andante primitif de cette œuvre en une marche funèbre, lorsqu’il apprit que le géant des batailles venait de se faire empereur. « Allons ! s’écria-t-il tristement, c’est un ambitieux, comme les autres ! » — Que l’anecdote soit vraie ou controuvée, ce qu’il y a de certain, c’est que cette page est admirable de solennelle tristesse ; elle est bien digne en tout cas du héros qu’elle aurait inspirée. Le larghetto du quintette de Mozart, une autre nouveauté pour le public bordelais, a fait un plaisir extrême. On ne peut rien entendre de plus exquis, de plus élevé, de plus pur. Cette divine musique vous fait oublier la terre ; en l’écoutant, des ailes vous poussent, comme disait Platon, et vous vous sentez transporté dans les régions sereines de l’idéal. M. Postula en a dit la partie de clarinette en instrumentiste habile et en musicien intelligent. Nous aurions cependant désiré un peu plus de grâce dans les terminaisons de phrases, et en général plus de nuances. — Les instruments à corde n’ont-ils pas, eux aussi, joué un peu trop fort ? Peut-être nous trompons-nous, mais il nous semble que le pianissimo est commandé par la teinte délicate et vaporeuse de ce morceau sans pareil. Les deux ouvertures d’Obéron et d’Euryanthe ont été enlevées. Combien la première est supérieure à la seconde ! — N’oublions pas non plus l’incomparable allegretto de la symphonie en la, dont l’exécution, hélas ! n’était pas irréprochable, ni le final de la symphonie en ut mineur, rendue avec beaucoup de fougue et d’entrain ; on l’aurait volontiers bissé, n’eût été sa longueur. On a encore entendu dans cette séance Mlle Renard, jeune et blonde cantatrice, à la voix pure et charmante, et devant qui s’ouvre peut être un bel avenir. Elle a d’abord chanté la romance immortelle de Guillaume Tell : Sombres forêts, désert triste et sauvage… la justice m’oblige aussi de dire que l’artiste qui tenait le piano n’a pas précisément fait preuve d’un talent sérieux. Soit inadvertance soit inhabileté, il a complètement dénaturé les arpèges et les étonnants accords de l’accompagnement de ce morceau. Les couplets des Sabots de la Marquise, de Boulanger, chantés dans la seconde partie de ce concert, étaient, il faut bien en convenir, un véritable hors-d’œuvre, tout à fait déplacé en si noble compagnie. Que venaient-ils faire là, entre le larghetto de l’op. 108 de Mozart, et la Marche funèbre de la Symphonie héroïque !!! Mais ceci ne doit pas nous empêcher d’encourager Mlle Renard à continuer de travailler, à apprendre consciencieusement à phraser, etc. Nous le répétons, il y a de l’avenir, croyons-nous, dans cette jeune personne, et la manière dont elle a chanté dimanche dernier la romance de Guillaume Tell nous fait favorablement augurer de ce qu’elle pourra être un jour. Comme toujours, M. Rémusat a complété ce beau concert par un solo de flûte qui a été applaudi avec une véritable frénésie. Ce remarquable artiste possède une réputation européenne que nul musicien de goût, assurément, ne songera à lui contester ; il est impossible, en effet, de rencontrer un mécanisme plus accompli, uni à un style plus élégant et plus pur.
En terminant, nous faisons des vœux que partagent, nous n’en doutons pas, tous les véritables amateurs de bonne musique, pour la continuation de ces matinées, si attrayantes et si remplies d’intérêt, où l’on est appelé à entendre tout ce que les plus grands maîtres ont légué à la postérité de richesses musicales. Nous avons même l’espoir que M. Rémusat initiera le public bordelais à la connaissance de quelques-unes des compositions de Wagner. On écoute à Bordeaux, et l’on n’approuve ou l’on ne blâme qu’à bon escient et sans parti pris, ce qui n’arrive pas toujours ailleurs. Nous ne pouvons quitter ce sujet, tant il nous tient à cœur de voir l’œuvre prospérer, sans engager instamment tous ceux qui s’occupent de musique de se rendre à ces séances. Le prix en est modique, et ils n’auront pas lieu de regretter la faible somme qu’ils auront déboursée, puisqu’ils recevront en échange, pour le présent, de vives et nobles jouissances ; pour l’avenir, une source d’agréments et de souvenirs.

La Gironde (29.05.1864)
Mardi prochain, à huit heures du soir, aura lieu, dans les salons du Cercle littéraire et artistique, un grand concert donné par Mlle Céline Rozier, pianiste, avec le concours de Mlle Ster, forte chanteuse contralto, Frequet-Lassus, et de MM. Louis Collin, Peschard, Rémusat, Dufond, Carloman, Jaurrey, Baudoin, Lejeune, Dédé, Thibaut et Baptiste. Voici le programme :
PREMIÈRE PARTIE.
1° Quatuor, exécuté par MM. Baudoin, Lejeune, Dédé, Thibaut et Baptiste.
2° Grand air de Charles VI, chanté par Mlle Frequet Lassus. (Halévy.)
3° Rondo en mi bémol, pour piano, exécuté par Mlle Céline Rozier. (Weber.)
4° Cavatine du Sommeil de la Muette, chantée par M. Peschard. (Auber.)
5° Solo de flûte, exécuté par l’auteur. (Rémusat.)
6° Le Testament, strophes dites par M. Louis Collin (Henri Mürger).
7° Bagatelle et le Menuet du bœuf, pour piano, exécutés par Mlle Céline Rozier. (Beethoven.)
8° Romance de Si j’étais roi, chantée par M. Dufond. (Adam.)
9° Ballade de Charles VI, chantée par Mlle Ster. (Halévy.)
DEUXIÈME PARTIE.
1° L’Étoile filante, revue-étude ; Alouette, fantaisie polka. (Ben-Tayoux.)
2° Sylvie, romance chantée par M. Carloman. (Mazas.)
3° Duo de la Favorite (4e acte), chanté par Mlle Ster et M. Dufond. (Donizetti.)
4° Improvisation en vers sur un sujet présenté et avec des rimes données à M. Collin.
5° Le Brindisi, chanté par Mlle Fresquet-Lassus. (Donizetti.)
6° Les Jeunes Gens, chansonnette chantée par M. Adolphe Jaurrey.
7° Air de Jérusalem, chanté par M. Peschard. (Verdi.)
8° Les Bavardes, chansonnette chantée par Mlle Ster. (Offenbach.)
9° Le Réveil des Fées, fantaisie pour piano exécutée par Mlle Céline Rozier. (Godefroy.)
Le piano sera tenu par M. Baptiste.
On peut se procurer des billets chez M. Vaillant, luthier, rue Voltaire, et chez M. Philibert, luthier, marchand de musique, rue Porte-Dijeaux, 22. Prix du billet : 5 fr. Les portes seront ouvertes à sept heures et demie précises.

La Gironde (17.07.1864)
Voici le programme du premier des concerts populaires qui aura lieu demain dimanche au Parc et Jardin d’acclimatation, sous la direction de M. Rémusat :
PREMIÈRE PARTIE.
1° Ouverture de Laza-Ladra. (Rossini).
2° Air du Trouvère chanté par M. Pairraud. (Verdi).
3° Esmeralda, valse. (Rossini).
4° Ouverture de Zanetta. (Auber).
5° La chanson de Fortunio, quadrille. (Strauss).
DEUXIÈME PARTIE.
1° Ouverture d’Oberon. (Weber).
2° Air de Lucie de Lammermoor, chanté par M. Pairraud. (Donizetti).
3° Polka mazurka de Faust. (Strauss).
4° Fantaisie pour la flûte, exécutée par l’auteur. (Rémusat).
5° Ouverture du Jeune-Henry. (Méhul).

La Comédie (19.03.1865)
SOIREES MUSICALES.
Le lendemain, dans les salons Rinaldi fils et Compagnie, nous avons retrouvé quelques artistes amis. M. Alexandre Billet a ouvert la soirée par sa magnifique transcription du septuor de Lucia, et nous avons cru entendre les pathétiques accents de la triste héroïne, les emportements d’Ashton et les belles notes de Fraschini-Edgardo. Après le piano, la flûte. Rémusat, cet exécutant que Londres nous a ravi si longtemps, a fait entendre des variations sur un thème d’Il Pirata et a tenu ses auditeurs sous le charme pendant des instants trouvés trop courts. Puis un peu de chant est venu faire une heureuse diversion : M. Manini, un jeune baryton…

Fétis, Biographie universelle des musiciens (1867)
RÉMUZAT (JEAN), virtuose flûtiste, né à Bordeaux (Gironde), le 11 mai 1815, est admis au Conservatoire de Paris le 25 octobre 1830, et y devint élève de Tulou. Le premier prix de son instrument lui fut décerné à l’âge de dix-sept ans, au concours de 1832. Des qualités précieuses caractérisent le talent de cet artiste : beau son, articulation brillante dans les traits et belle manière de phraser, sont les avantages qui lui ont procuré du succès partout où il s’est fait entendre. Comme son maître, M. Rémuzat n’a pas adopté la flûte de Boehm, et s’est fait le zélé défenseur de l’ancien instrument. Cet artiste a passé la plus grande partie de sa carrière à Londres, où il a été première flûte du théâtre de la Reine. Après la clôture de ce théâtre, occasionnée en 1853 par la banqueroute de l’entrepreneur, M. Rémuzat fut obligé de retourner à Paris, où il entra, comme première flûte solo au Théâtre-Lyrique. On a de cet artiste, pour son instrument, des concertinos, des fantaisies sur des airs d’opéras italiens et français, des thèmes originaux et autres variés, et des morceaux de salon de différents caractères. Ces ouvrages ont été publiés à Paris, chez Brandus, Meissonnier, Colombier, et à Londres, chez divers éditeurs. Cette musique est agréable et brillante.

Le Petit Moniteur universel (24.02.1870)
Le livre contient une esquisse du talent de l’excellent Pacra et aussi une biographie de M. Duhem. Vous ne connaissez pas M. Duhem ? — C’est un comique qui est déjà populaire. Il a commencé par imiter avec ses lèvres le son de la flûte, à faire croire que c’est Rémusat ou Altès qui se fait entendre. Mais il a acquis sa réputation avec une chansonnette : Le Conducteur d’omnibus.

Gil Blas (21.06.1880)
L’habileté avec laquelle le musicien orchestrait savait souvent le manque de fond et dissimulait bien des imperfections. Cependant le concerto pour flûte, écrit spécialement pour le virtuose Rémusat (qui, disons-le en passant, a fondé une Société musicale en Chine), ainsi que la romance de Cupidon, et celle de Pacôme : « Ah ! si vous connaissiez Toinon », ont été particulièrement remarqués du public.

Fétis, Biographie universelle des musiciens (supplement, 1880)
RÉMUSAT (JEAN), flutist and composer for his instrument. — It is stated in the *Biographie universelle des Musiciens* that this flutist, after a long stay in London, had returned to Paris, where he had held the post of principal flute at the Théâtre-Lyrique. I do not know whether this is accurate; in any case, Rémusat cannot have been long in returning to England, for in 1856 I met this excellent artist in London, where he held a distinguished position. Since then, Rémusat—who was a highly intelligent man, but an original and somewhat eccentric character—is said to have settled in Shanghai, where it is reported that he opened a music school. Here is a list of Rémusat’s principal compositions: *Méthode de Núte*; – *Échos d’Italie*, 10 fantasias; – *Bouquet de mélodies*, 10 little fantasias on opera themes; – *Concertino*, Op. 22; – *Le Flûtiste romantique*, a collection of varied romances in the form of fantasias (7 instalments); — Musical Illustrations, 10 fantasias based on opera themes; – A Glimpse of the German Theatre, 10 fantasias idem; – 8 Italian Cavalines in the form of fantasias; – Homage to Bellini, Op. 50; – The Neapolitan Carnival, concert fantasia, Op. 40; — 24 Fantasies for Flute and Piano, on famous melodies (with Alphonse Leduc); — 8 Easy Duets for Flute and Violin (with Mr Ernest Depas); — 2 Duets for Flute and Violin (with the same composer); — The Flutist’s Repertoire, 6 pieces

Le Figaro (24.02.1890)
LAURÉATS D’UN DEMI-SIÈCLE. Le Conservatoire a distribué ses prix, ses médailles, ses diplômes et fermé ses portes. Le jour de la distribution de ces récompenses — auxquelles ont eu part, cette année, deux cent cinquante élèves — qui ne se demande, entouré de cette légion de jeunes et radieuses têtes, combien d’artistes émergeront d’une telle foule ? Cette fête, pour quelques-uns, c’est une aurore ; mais pour combien d’autres, le jour où M. Larroumet leur a adressé un sourire ou donné une poignée de main, restera-t-il l’unique jour de « gloire » ! Cette année, en nous interrogeant sur l’avenir des lauréats du présent, nous nous sommes trouvés pris de curiosité pour les triomphateurs du passé : nous avons voulu savoir ce qu’étaient devenus les récompensés… d’il y a cinquante ans… Nous allons dire ce que nous en avons appris.
C’était en 1840. Chérubini était encore directeur du Conservatoire (…). 
Flûte : le célèbre Remusat ; MM. Brunet et Moreau.
[nous avons ici une confusion intéressante : le Rémusat qui fut récompensé en 1840 n’était pas le « célèbre » Jean, mais son juene frère Bernard-Martin, dont on perd la trace après cette date.]

Gil Blas (11.03.1900)
Notons encore, dans le Bijou perdu, le morceau de flûte qui sert d’introduction, écrit pour le soliste Rémusat.

4 keyed flute by Clair Godfroy aîné, ex Bingham
5 keyed flute by Tulou (Vichy Enchères)
Brevet de la flûte perfectionnée Rémusat (1853)
Godfroy flute n° 650 (coll. Alexis Kossenko)
Jean-Pierre Rampal performing on Louis Lot's gold flute, made in 1869 for rémusat

LES FLÛTES DE RÉMUSAT

Comme tous les flûtistes français de sa génération, Rémusat débuta nécessairement sur une flûte « ordinaire » à 5 ou 6 clés, l’instrument officiel du conservatoire pendant tout le « règne » de Jean-Louis Tulou ; mais nombre de ses collègues, surtout les plus jeunes, adoptèrent la flûte de Boehm (présentée aux flûtistes parisiens à partir de 1837) dès qu’ils quittèrent le cercle d’influence de Tulou.

Dans le cas de Rémusat, la question se pose : quand adopta-t-il la flûte Boehm ? les informations dont nous disposons se contredisent, notamment en raison d’une affirmation un peu péremptoire de Fétis : en effet, dans sa Biographie Universelle des Musiciens, il mentionne explicitement que « comme son maître, M. Rémuzat n’a pas adopté la flûte de Boehm, et s’est fait le zélé défenseur de l’ancien instrument. » Sa mise à jour de 1880, qui évoque le départ pour la Chine, ne revient pas sur ce fait. Il est vrai que lors de l’examen de la nouvelle flûte, en 1840, par un panel de flûtistes, Rémusat fit partie de ceux qui la rejetèrent, après avoir pris le temps de l’étudier. Par ailleurs, dans sa thèse « The flute professors of Paris conservatory, from Devienne to Taffanel » (1980), Patricia Ahmad affirme, sans citer ses sources, que Rémusat essaya sans succès, à l’âge de cinquante ans, d’apprendre la flûte Boehm.

Ce qui est sûr, c’est qu’en novembre 1853 il dépose un  brevet pour une « ancienne flûte perfectionnée par Jean Rémusat ». A première vue, cette flûte semble tenir à la fois  de la flûte perfectionnée de Tulou (présentée vers 1849) et de la flûte système 1832 à anneaux de Boehm, mais sans remettre en question les principes et l’essentiel des doigtés de l’ancienne flûte. Ses principales caractéristiques sont une clé dédiée à l’ut naturel, dévolue au pouce de la main gauche, et une clé améliorant la justesse du fa#, reliée à la clé de mi bémol du petit doigt de la main droite. Pour cette dernière il semble probable que Rémusat connaissait le mécanisme très semblable de Briccialdi, qui permettait quant à lui de jouer aussi bien fa naturel que fa# avec l’index de la main droite selon que l’on actionnait ou non la clé de mi bémol.  Je n’ai pas connaissance d’une flûte « Rémusat » conservée, mais on peut supposer qu’un prototype (au moins) a du être réalisé, et sans doute joué par son inventeur ; sur le dessin très finement réalisé, l’esthétique du clétage laisse fortement présumer que l’atelier Clair Godfroy Aîné (alors sous la direction de Vincent-Hippolyte Godfroy et son beau-frère Louis Lot) fut impliqué.

Par ailleurs, le nom de Rémusat apparait en 1858 dans une publicité de Rudall, Rose & Carte, parmi une liste de flûtistes ayant adopté leur « new cylinder prize flute » (mais il pourrait s’agir d’une flûte cylindrique conservant le doigté ancien !).

Nous avons, plus représentatif encore de la situation de Rémusat à la croisée des deux flûtes, la publication en 1862 d’une méthode pour la flûte Boehm ET pour la flûte ordinaire. Il est très intéressant d’y lire que, bien que Rémusat reconnaisse que la clé de sol# fermée (l’invention de Dorus) facilite l’adaptation des flûtistes venant de l’ancien modèle, il recommande ceux qui débutent complètement de garder le sol# ouvert, dans le dispositif original de Boehm.,évoquant ses propres regrets de ne l’avoir pas fait ! Cette phrase explicite clairement qu’à cette date, la flûte Boehm est devenue familière à Jean Rémusat.

En décembre 1866, la situation se confirme, avec cette lettre écrite à Boehm depuis Shanghai, en décembre 1866, dans laquelle Rémusat passe commande d’une flûte (alto) en maillechort et se dit enfin décidé à échanger son ancienne flûte contre la nouvelle.

Dernier pièce de notre dossier, et pas le moindre : la prestigieuse flûte en or faite pour lui en 1869 par Louis Lot, et portant l’inscription Hommage des membres de la Société Philharmonique de Shangai à M. Rémusat : visiblement, ceux-ci avaient souhaité honorer leur directeur en lui offrant ce qui pouvait alors s’envisager de plus moderne et prestigieux dans le monde de la flûte.

En conclusion, Il semble que Rémusat ait eu plusieurs fois l’occasion d’essayer et d’examiner la flûte de Boehm, mais que, d’abord peu convaincu, il soit longtemps resté fidèle à son instrument maternel ; ce n’est que sur le tard qu’il se laissa convaincre de changer tout à fait – le fait que Fétis n’en fut pas informé plaide en faveur d’une conversion tardive ; selon toute vraisemblance, sa conversion eut lieu autour vers 1860, peut-être quelques années avant. Qu’est-ce qui fit céder Rémusat ? l’air du temps, l’exemple de ses collègues ? On peut aussi supposer que l’évolution des travaux de Boehm (et des différents facteurs fabricant de sa flûte : Godfroy, Lot, Rudall, Rose & Carte) permit d’améliorer ce que Rémusat considérait comme des défauts, et de faire tomber ses dernières réticences. 

Pour ce qui est des instruments « ordinaires », nous pouvons imaginer qu’il joua des flûtes à 5, 6, 7 ou 8 clés de Bellissent, Godfroy Ainé, Tulou (pour ne citer que les plus fameux). Sans doute joua-t-il quelques années sa flûte perfectionnée, à partir de 1853.

La flûte Boehm cylindrique illustrée dans la tablature de sa méthode de 1862 est un instrument en bois (même si Dorus, fraichement nommé au conservatoire, prônait l’usage de flûtes en argent), et ressemble plus aux instruments de Godfroy qu’à ceux de Louis Lot. 

Quant à la flûte en or de Louis Lot, elle fut donc commandée par les membres de la Société Philharmonique de Shanghai en 1869, et offerte en cadeau à leur fondateur et directeur Jean Rémusat. Il est possible que l’exemple de Rudall & Rose, qui avait produit une flûte en or dès 1856, ait piqué l’orgueil de Louis Lot qui ait saisi l’occasion de réaliser ce chef d’oeuvre ; toutefois, la difficulté du travail fit qu’il ne chercha pas à réitérer le tour de force. On perdit la trace de cette flûte pendant de nombreuses années, avant qu’elle refasse surface en 1948. Jean-Pierre Rampal raconte dans son autobiographie comment son père Joseph Rampal et lui durent informés qu’un marchand détenait cet instrument, en pièces détachées… qu’il envisageait de faire fondre pour en réutiliser l’or ! Joseph Rampal racheta l’instrument (de justesse !) et entreprit de la remonter, avec l’excellente surprise qu’elle était complète. C’est cet instrument que Jean-Pierre Rampal joua pour de nombreux enregistrements, avant d’opter pour des flûtes de Haynes inspirées par la Lot n° 1375, mais répondant mieux aux aspirations modernes. Aujourd’hui la flûte appartient toujours à la famille Rampal, et est jouée de temps à autres lors d’évènements flûtistiques importants.

INSTRUMENTS PLAYED BY RÉMUSAT

Like all French flautists of his generation, Rémusat necessarily began on a “simple” five- or six-key flute, the official instrument of the Conservatoire throughout the entire “reign” of Jean-Louis Tulou; but many of his colleagues, especially the younger ones, adopted the Böhm flute (introduced to Parisian flautists from 1837 onwards) as soon as they moved beyond Tulou’s sphere of influence.

In Rémusat’s case, the question arises: when did he adopt the Böhm flute? The information available to us is contradictory, particularly because of a somewhat categorical statement by Fétis: in his Biographie Universelle des Musiciens, he explicitly mentions that “like his teacher, M. Rémuzat did not adopt the Böhm flute, and became a zealous defender of the old instrument.” His 1880 update, which mentions his departure for China, does not revisit this point. It is true that when the new flute was examined in 1840 by a panel of flautists, Rémusat was among those who rejected it, after taking the time to study it. Furthermore, in her dissertation The Flute Professors of Paris Conservatory, from Devienne to Taffanel (1980), Patricia Ahmad states, without citing her sources, that Rémusat unsuccessfully attempted to learn the Böhm flute at the age of fifty.

What is certain is that in November 1853 he filed a patent for an “old flute perfected by Jean Rémusat.” At first sight, this flute appears to combine features of Tulou’s “perfected flute” (introduced around 1849) and Böhm’s 1832 ring-key system flute, without calling into question the basic principles and, essentially, the fingering system of the old flute. Its principal features are a key specifically dedicated to C natural, assigned to the thumb of the left hand, and a key improving the intonation of F-sharp, linked to the E-flat key operated by the little finger of the right hand. In the case of the latter, it seems likely that Rémusat was familiar with Briccialdi’s very similar mechanism, which allowed the player to produce both F natural and F-sharp with the right-hand index finger, depending on whether or not the E-flat key was operated. I am not aware of any surviving “Rémusat” flute, but one may suppose that at least one prototype must have been made, and presumably played by its inventor; judging from the finely executed drawing, the style of the keywork strongly suggests the involvement of the Clair Godfroy Aîné workshop, then under the direction of Vincent-Hippolyte Godfroy and his brother-in-law Louis Lot.

Furthermore, Rémusat’s name appears in 1858 in an advertisement for Rudall, Rose & Carte, among a list of flautists who had adopted their “new cylinder prize flute” (although this may have been a cylindrical flute retaining the old fingering system!).

Even more representative of Rémusat’s position at the crossroads between the two flutes is the publication, in 1862, of a method for BOTH the Böhm flute AND the ordinary flute. It is particularly interesting to read that, although Rémusat acknowledges that the closed G-sharp key (the invention of Dorus) facilitates the transition for flautists coming from the old model, he recommends that complete beginners keep the G-sharp open, as in Böhm’s original mechanism, explicitly expressing his own regret at not having done so! This statement makes it quite clear that, by this date, the Böhm flute had become familiar to Jean Rémusat.

In December 1866, the situation is confirmed by a letter written to Böhm from Shanghai, in which Rémusat orders a German-silver (nickel-silver) flute (alto flute) and finally states that he has decided to exchange his old flute for the new one.

The final piece of our evidence, and certainly not the least important, is the prestigious gold flute made for him in 1869 by Louis Lot, bearing the inscription Hommage des membres de la Société Philharmonique de Shangai à M. Rémusat: clearly, they wished to honour their director by offering him what was then arguably the most modern and prestigious instrument in the flute world.

In conclusion, it seems that Rémusat had several opportunities to try and examine the Böhm flute, but that, initially unconvinced, he remained faithful to his original instrument for a long time; it was only later in life that he was persuaded to change over completely. The fact that Fétis was not aware of this argues in favour of a late conversion; in all likelihood, his conversion took place around 1860, perhaps a few years earlier. What finally persuaded Rémusat? The spirit of the times, the example of his colleagues? One may also suppose that the evolution of Böhm’s work (and of the various makers producing his flute: Godfroy, Lot, Rudall, Rose & Carte) made it possible to improve what Rémusat regarded as defects and to overcome his remaining reservations.

As for the “ordinary” flutes, we may imagine that he played five-, six-, seven- or eight-key flutes by Bellissent, Godfroy Aîné, Tulou (to name only the most celebrated makers). He probably played his own perfected flute for several years, from 1853 onwards.

The cylindrical Böhm flute illustrated in the fingering chart of his 1862 method is a wooden instrument (even though Dorus, newly appointed at the Conservatoire, advocated the use of silver flutes), and resembles Godfroy’s instruments more closely than those of Louis Lot.

 

As for Louis Lot’s gold flute, it was ordered by the members of the Shanghai Philharmonic Society in 1869 and presented as a gift to their founder and director, Jean Rémusat. It is possible that the example of Rudall & Rose, who had produced a gold flute as early as 1856, aroused Louis Lot’s pride and prompted him to seize the opportunity to create this masterpiece; however, the difficulty of the work meant that he did not attempt to repeat the feat. The flute then disappeared from view for many years before resurfacing in 1948. In his autobiography, Jean-Pierre Rampal recounts how his father Joseph Rampal and he were informed that a dealer possessed the instrument, dismantled into parts… and was considering melting it down in order to reuse the gold! Joseph Rampal bought the instrument (just in time!) and set about reassembling it, with the pleasant surprise that it was complete. This is the instrument that Jean-Pierre Rampal played on numerous recordings, before switching to Haynes flutes inspired by Lot no. 1375, but better suited to modern requirements. Today, the flute still belongs to the Rampal family and is played from time to time at important flute-related events.

INSTRUMENTS PLAYED BY REMUSAT

Comme tous les flûtistes français de sa génération, Rémusat débuta nécessairement sur une flûte « ordinaire » à 5 ou 6 clés, l’instrument officiel du conservatoire pendant tout le « règne » de Jean-Louis Tulou ; mais nombre de ses collègues, surtout les plus jeunes, adoptèrent la flûte de Boehm (présentée aux flûtistes parisiens à partir de 1837) dès qu’ils quittèrent le cercle d’influence de Tulou.

Dans le cas de Rémusat, la question se pose : quand adopta-t-il la flûte Boehm ? les informations dont nous disposons se contredisent, notamment en raison d’une affirmation un peu péremptoire de Fétis : en effet, dans sa Biographie Universelle des Musiciens, il mentionne explicitement que « comme son maître, M. Rémuzat n’a pas adopté la flûte de Boehm, et s’est fait le zélé défenseur de l’ancien instrument. » Sa mise à jour de 1880, qui évoque le départ pour la Chine, ne revient pas sur ce fait. Il est vrai que lors de l’examen de la nouvelle flûte, en 1840, par un panel de flûtistes, Rémusat fit partie de ceux qui la rejetèrent, après avoir pris le temps de l’étudier. Par ailleurs, dans sa thèse « The flute professors of Paris conservatory, from Devienne to Taffanel » (1980), Patricia Ahmad affirme, sans citer ses sources, que Rémusat essaya sans succès, à l’âge de cinquante ans, d’apprendre la flûte Boehm.

Ce qui est sûr, c’est qu’en novembre 1853 il dépose un  brevet pour une « ancienne flûte perfectionnée par Jean Rémusat ». A première vue, cette flûte semble tenir à la fois  de la flûte perfectionnée de Tulou (présentée vers 1849) et de la flûte système 1832 à anneaux de Boehm, mais sans remettre en question les principes et l’essentiel des doigtés de l’ancienne flûte. Ses principales caractéristiques sont une clé dédiée à l’ut naturel, dévolue au pouce de la main gauche, et une clé améliorant la justesse du fa#, reliée à la clé de mi bémol du petit doigt de la main droite. Pour cette dernière il semble probable que Rémusat connaissait le mécanisme très semblable de Briccialdi, qui permettait quant à lui de jouer aussi bien fa naturel que fa# avec l’index de la main droite selon que l’on actionnait ou non la clé de mi bémol.  Je n’ai pas connaissance d’une flûte « Rémusat » conservée, mais on peut supposer qu’un prototype (au moins) a du être réalisé, et sans doute joué par son inventeur ; sur le dessin très finement réalisé, l’esthétique du clétage laisse fortement présumer que l’atelier Clair Godfroy Aîné (alors sous la direction de Vincent-Hippolyte Godfroy et son beau-frère Louis Lot) fut impliqué.

Par ailleurs, le nom de Rémusat apparait en 1858 dans une publicité de Rudall, Rose & Carte, parmi une liste de flûtistes ayant adopté leur « new cylinder prize flute » (mais il pourrait s’agir d’une flûte cylindrique conservant le doigté ancien !).

Nous avons, plus représentatif encore de la situation de Rémusat à la croisée des deux flûtes, la publication en 1862 d’une méthode pour la flûte Boehm ET pour la flûte ordinaire. Il est très intéressant d’y lire que, bien que Rémusat reconnaisse que la clé de sol# fermée (l’invention de Dorus) facilite l’adaptation des flûtistes venant de l’ancien modèle, il recommande ceux qui débutent complètement de garder le sol# ouvert, dans le dispositif original de Boehm.,évoquant ses propres regrets de ne l’avoir pas fait ! Cette phrase explicite clairement qu’à cette date, la flûte Boehm est devenue familière à Jean Rémusat.

En décembre 1866, la situation se confirme, avec cette lettre écrite à Boehm depuis Shanghai, en décembre 1866, dans laquelle Rémusat passe commande d’une flûte (alto) en maillechort et se dit enfin décidé à échanger son ancienne flûte contre la nouvelle.

Dernier pièce de notre dossier, et pas le moindre : la prestigieuse flûte en or faite pour lui en 1869 par Louis Lot, et portant l’inscription Hommage des membres de la Société Philharmonique de Shangai à M. Rémusat : visiblement, ceux-ci avaient souhaité honorer leur directeur en lui offrant ce qui pouvait alors s’envisager de plus moderne et prestigieux dans le monde de la flûte.

En conclusion, Il semble que Rémusat ait eu plusieurs fois l’occasion d’essayer et d’examiner la flûte de Boehm, mais que, d’abord peu convaincu, il soit longtemps resté fidèle à son instrument maternel ; ce n’est que sur le tard qu’il se laissa convaincre de changer tout à fait – le fait que Fétis n’en fut pas informé plaide en faveur d’une conversion tardive ; selon toute vraisemblance, sa conversion eut lieu autour vers 1860, peut-être quelques années avant. Qu’est-ce qui fit céder Rémusat ? l’air du temps, l’exemple de ses collègues ? On peut aussi supposer que l’évolution des travaux de Boehm (et des différents facteurs fabricant de sa flûte : Godfroy, Lot, Rudall, Rose & Carte) permit d’améliorer ce que Rémusat considérait comme des défauts, et de faire tomber ses dernières réticences. 

Pour ce qui est des instruments « ordinaires », nous pouvons imaginer qu’il joua des flûtes à 5, 6, 7 ou 8 clés de Bellissent, Godfroy Ainé, Tulou (pour ne citer que les plus fameux). Sans doute joua-t-il quelques années sa flûte perfectionnée, à partir de 1853.

La flûte Boehm cylindrique illustrée dans la tablature de sa méthode de 1862 est un instrument en bois (même si Dorus, fraichement nommé au conservatoire, prônait l’usage de flûtes en argent), et ressemble plus aux instruments de Godfroy qu’à ceux de Louis Lot. 

Quant à la flûte en or de Louis Lot, elle fut donc commandée par les membres de la Société Philharmonique de Shanghai en 1869, et offerte en cadeau à leur fondateur et directeur Jean Rémusat. Il est possible que l’exemple de Rudall & Rose, qui avait produit une flûte en or dès 1856, ait piqué l’orgueil de Louis Lot qui ait saisi l’occasion de réaliser ce chef d’oeuvre ; toutefois, la difficulté du travail fit qu’il ne chercha pas à réitérer le tour de force. On perdit la trace de cette flûte pendant de nombreuses années, avant qu’elle refasse surface en 1948. Jean-Pierre Rampal raconte dans son autobiographie comment son père Joseph Rampal et lui durent informés qu’un marchand détenait cet instrument, en pièces détachées… qu’il envisageait de faire fondre pour en réutiliser l’or ! Joseph Rampal racheta l’instrument (de justesse !) et entreprit de la remonter, avec l’excellente surprise qu’elle était complète. C’est cet instrument que Jean-Pierre Rampal joua pour de nombreux enregistrements, avant d’opter pour des flûtes de Haynes inspirées par la Lot n° 1375, mais répondant mieux aux aspirations modernes. Aujourd’hui la flûte appartient toujours à la famille Rampal, et est jouée de temps à autres lors d’évènements flûtistiques importants.

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